Enoch Powell au secours de l’Europe

 En 1968, tandis que, de notre côté de la Manche, les Français jouaient à la révolution, en Angleterre, un homme d’Etat britannique, député du parti Conservateur, nommé Enoch Powell avertissait son peuple des périls pointant à l’horizon. De son grand discours de Birmingham du 20 avril 1968, les media n’ont voulu retenir, en la déformant, que la formule finale empruntée à L’Enéide, la vision de la sibylle décrivant le “Tibre tout écumant de sang” : il est donc resté dans l’histoire comme le “discours des fleuves de sang”… En réalité, prenant conscience de la place croissante de l’immigration au Royaume-Uni, Enoch Powell tentait de prévenir la situation que l’on connaît aujourd’hui dans toute l’Europe. Ce texte demeure d’actualité, car le Britannique y donne des solutions qu’il est encore temps de mettre en oeuvre pour sauver la France. Voici la traduction de ce document politique majeur.

Henry de Lesquen

 

Discours d’Enoch Powell du 20 avril 1968

traduit par Henry de Lesquen

 

La fonction suprême de l’homme d’Etat est de prévenir les malheurs que l’on peut éviter. Il rencontre dans cette tâche des obstacles profondément ancrés dans la nature humaine. L’un d’entre eux, c’est qu’il est dans la nature des choses que de tels malheurs ne puissent pas être mis en évidence tant qu’ils n’ont pas eu lieu : dans leurs prémices, il y a matière au doute, au débat, quant à savoir s’ils sont réels ou imaginaires. En conséquence, on leur prête peu d’attention, au regard des difficultés quotidiennes, qui nous mettent sous pression et dont on ne peut pas douter : d’où la tentation irrésistible, pour toute politique, de sacrifier l’avenir au profit des préoccupations de l’actualité immédiate.
Par-dessus tout, on est enclin à croire, bien à tort, que prévoir des difficultés, c’est en être la cause, et c’est même désirer qu’elles se produisent. « Si seulement », se plaît-on à penser, « si seulement personne n’en parlait, sans doute rien de tout cela n’arriverait-il. »

Cette habitude remonte peut-être à la croyance primitive que le mot et la chose, le nom et l’objet, sont identiques. En tout cas, la discussion des graves malheurs qui sont susceptibles de survenir, mais qui peuvent être évités, si l’on s’y attache dès maintenant, est pour l’homme politique la tâche la plus impopulaire, et en même temps la plus nécessaire. Ceux qui s’y soustraient en connaissance de cause méritent d’être maudits par ceux qui viennent après eux, et ils le sont en effet assez fréquemment.
Il y a une ou deux semaines, je me suis entretenu avec un électeur de ma circonscription, ouvrier d’un certain âge, tout à fait représentatif, qui travaillait dans l’une de nos industries nationalisées. Après quelques mots sur la pluie et le beau temps, il me dit tout à coup : « Si j’avais les moyens de partir, je ne resterai pas dans ce pays. » Je lui fis quelques reproches, lui faisant remarquer que le gouvernement actuel ne durerait pas éternellement. Mais il n’y prêta pas attention et poursuivit : « J’ai trois enfants. Ils ont tous achevé leurs études secondaires, deux d’entre eux sont maintenant mariés, avec des enfants. Mais je ne serai heureux que lorsque je les aurai tous vu s’installer à l’étranger. Dans ce pays, dans quinze à vingt ans, les noirs auront le dessus sur les blancs. »

J’entends déjà les cris d’orfraie. Comment puis-je dire une chose aussi horrible ? Comment puis-je semer le trouble et déchaîner les passions en rapportant une telle conversation ? Ma réponse est que je n’ai pas le droit de ne pas le faire. Voici que dans ma propre ville, au grand jour, un honnête concitoyen, tout à fait représentatif, me dit à moi, son député, qu’il ne fera pas bon vivre dans son pays pour ses propres enfants.

Je n’ai tout simplement pas le droit de hausser les épaules et de passer à autre chose. Ce qu’il dit, des milliers, des centaines de milliers de gens, le pensent et le disent – peut-être pas dans tout le pays, mais partout où s’opère déjà une transformation si radicale qu’il n’en existe aucun autre exemple au cours des mille années de l’histoire d’Angleterre. Dans quinze ou vingt ans, sur la lancée actuelle, il y aura dans le pays trois millions et demi d’immigrés du Commonwealth, en comptant les descendants. Ce chiffre n’est pas de moi. C’est l’évaluation officielle donnée au Parlement par le porteparole de l’office général de l’état civil.

Il faut être fou pour accepter un flux annuel de 50.000 immigrés

Il n’y a pas de chiffre officiel comparable pour l’an 2000, mais il doit se situer entre cinq et sept millions, soit environ le dixième de la population totale, pratiquement celui de l’agglomération londonienne. Bien sûr, il ne sera pas uniformément réparti de Margate à Aberystwyth et de Penzance à Aberdeen. Des régions entières, des villes, des quartiers, dans toute l’Angleterre, seront entièrement peuplés par des représentants de la population immigrée ou d’origine immigrée.

Avec le temps, la proportion des descendants d’immigrés, ceux qui sont nés en Angleterre, qui sont arrivés ici exactement comme nous l’avons fait nous autres, augmentera rapidement. Dès 1985, ceux qui seront nés en Angleterre constitueront la majorité. C’est ce fait qui donne une extrême urgence à l’action qu’il faut entreprendre dès maintenant, à ce genre d’action qui, pour les hommes politiques, est la plus difficile à entreprendre, action qui soulève des difficultés dans le présent, alors que les malheurs à prévenir, ou à réduire, ne se présenteront qu’après plusieurs élections au Parlement. Lorsqu’un pays est confronté à une telle perspective, la première question, naturelle et de bon sens, qui se pose est celle-ci : « Comment en réduire l’ampleur ? » En admettant que l’on ne puisse pas entièrement l’éviter, peut-on la limiter, sachant qu’il s’agit essentiellement d’une question de nombre ? L’introduction d’un élément étranger dans un pays ou une population a une portée et des conséquences profondément différentes selon que la proportion de l’élément en cause atteint 1 % ou 10 %.

Les réponses à cette question simple et de bon sens sont également simples et de bon sens : il faut arrêter, ou pratiquement arrêter, les flux entrants, et développer au maximum les flux sortants. Ces deux réponses font partie du programme officiel du Parti conservateur.

Il est à peine concevable qu’à l’heure actuelle vingt à trente enfants immigrés supplémentaires arrivent de l’outre-mer, rien qu’à Wolverhampton, chaque semaine – et cela signifie quinze à vingt familles supplémentaires dans dix ou vingt ans. Les dieux rendent fous ceux qu’ils veulent perdre. Il faut croire que nous sommes fous, littéralement fous, en tant que nation, pour autoriser un flux annuel de 50.000 personnes à charge, qui sont la base de la croissance future de la population d’origine immigrée. C’est comme si la nation élevait son propre bûcher funéraire. Nous sommes fous au point de permettre à des célibataires d’immigrer dans le but de fonder une famille avec des conjoints ou des fiancés qu’ils n’ont jamais vus.

Ne croyez pas que ce flux de personnes à charge diminuera de lui-même. Bien au contraire, même au rythme actuel des autorisations d’entrée de seulement 5.000 personnes chaque année, il y en a assez pour faire croître indéfiniment le nombre de personnes à charge de 25.000 par an, sans parler de l’immense réservoir des parents déjà installés dans le pays – et je ne prends pas le moins du monde en compte ceux qui entrent en fraude. Dans de telles circonstances, il n’y a rien d’autre à faire que de réduire, dès maintenant, le flux total de l’immigration d’établissement à des proportions négligeables, et de prendre sans délai les mesures législatives et administratives qui s’imposent.

Il faut organiser la “réémigration”

Je souligne les mots « d’établissement ». Il n’y a rien à redire à l’entrée des citoyens du Commonwealth, pas plus qu’à celle des étrangers, dans le pays, pour les besoins de leurs études ou de leur formation, comme (à titre d’exemple) les médecins du Commonwealth qui, au bénéfice de leurs propres pays, ont permis à notre service hospitalier de se développer plus vite qu’il n’aurait été possible autrement. Ils ne sont pas, et n’ont jamais été, des immigrés.

J’en viens à la réémigration. Si toute immigration cessait demain, le taux de croissance de la population immigrée ou d’origine immigrée serait substantiellement réduit, mais la dimension potentielle de cet élément de la population ne changerait en rien le caractère fondamental du danger pour la nation. On ne peut traiter la question que tant qu’une proportion considérable du total est encore constituée de personnes qui sont arrivées dans le pays durant les dix dernières années, ou à peu près.
D’où l’urgence de mettre en oeuvre dès aujourd’hui le second volet du programme du Parti conservateur : encourager la réémigration.

Nul n’est en mesure d’estimer le nombre de ceux qui, moyennant une aide généreuse, choisiraient soit de retourner dans leur pays d’origine, soit d’aller dans d’autres pays désireux de recevoir la main-d’oeuvre et le savoir-faire qu’ils représentent. Nul ne le sait, car on n’a jamais essayé un tel programme, jusqu’à présent. Tout ce que je puis dire, c’est que, d’ores et déjà, des immigrés de ma circonscription viennent me voir de temps à autre pour me demander de leur trouver une aide qui leur permette de retourner chez eux. Si un tel programme était adopté et mis en oeuvre, avec la détermination que justifie la gravité de la situation, les flux sortants qui en résulteraient pourraient sensiblement modifier les perspectives.

Le troisième volet du programme du Parti conservateur affirme que tous ceux qui vivent dans le pays en tant que citoyens doivent être égaux devant la loi et que les autorités publiques ne doivent pas faire de discrimination ni de différence entre eux. Comme M. Heath l’a souligné, nous n’aurons pas de « citoyens de première classe » ni de « citoyens de seconde classe ». Cela ne signifie pas qu’un immigré ou ses descendants doivent disposer d’un statut privilégié ou spécifique, ou qu’un citoyen ne soit pas en droit de discriminer qui bon lui semble dans ses affaires privées, ou que la loi doive lui dicter ses raisons d’agir.

Il n’y a pas de plus fausse appréciation de la réalité que celle qui est répandue par ceux qui demandent, en vociférant, des lois « contre les discriminations », comme ils disent, qu’il s’agisse de ces grands éditorialistes, tous du même acabit, écrivant parfois dans ces mêmes journaux qui, jour après jour, dans les années trente, ont tenté d’aveugler le pays, confronté à la montée des périls, ou qu’il s’agisse de ces archevêques calfeutrés dans leurs palais, qui préfèrent se cacher la tête sous les couvertures. Ces gens-là sont dans l’erreur la plus complète.

La discrimination et la privation, le sentiment d’anxiété et d’amertume, ne sont pas le lot des immigrés, mais de ceux au milieu desquels ils sont venus et continuent à venir. C’est pourquoi présenter une législation de cette nature au Parlement, à l’heure actuelle, c’est risquer de mettre le feu aux poudres. La chose la plus aimable que l’on puisse dire à ceux qui la proposent, c’est qu’ils ne savent pas ce qu’ils font.

Rien n’est plus trompeur que de faire une comparaison entre l’immigré du Commonwealth en Grande-Bretagne et le noir américain. Les noirs des Etats-Unis, qui étaient déjà là avant que les Etats-Unis ne deviennent une nation, ont d’abord été des esclaves, au sens précis du terme, et ont obtenu ensuite, après leur affranchissement, tous les droits du citoyen, droits qu’ils ne sont parvenus du reste à exercer que peu à peu, et encore incomplètement. L’immigré du Commonwealth, lui, est arrivé en Grande- Bretagne comme citoyen à part entière, dans un pays qui ne pratique pas la discrimination entre les citoyens, et il est entré immédiatement en possession des mêmes droits que tout citoyen, du droit de vote à la gratuité des prestations du Service national de la santé.

Les difficultés de toute nature rencontrées par les immigrés ne proviennent ni de la loi, ni de la politique de l’Etat, ni de l’administration, mais des circonstances personnelles et des événements fortuits qui font, et qui feront toujours, que le destin et la vie d’un homme ne sont pas ceux d’un autre.

Mais, alors que l’entrée dans le pays a permis aux immigrés d’accéder à des avantages et à des perspectives qu’ils recherchaient avec ardeur, les répercussions sont bien différentes pour les membres de la population autochtone. Pour des raisons qui leur échappent, en vertu d’une décision prise à leur insu, pour laquelle ils n’ont jamais été consultés, ils se retrouvent étrangers dans leur propre pays.
Ils découvrent que leurs femmes ne trouvent pas de lits d’hôpital pour accoucher, que leurs enfants n’obtiennent pas de places à l’école, que leurs maisons et leurs quartiers sont devenus méconnaissables, que leurs projets d’avenir sont ruinés ; que, sur leurs lieux de travail, les employeurs hésitent à demander au travailleur immigré les mêmes critères de discipline et de compétence que ceux qui sont exigés du travailleur de souche ; ils commencent à entendre, au fil du temps, des voix chaque jour plus nombreuses leur dire qu’ils sont désormais indésirables. Ils apprennent maintenant qu’un privilège à sens unique va être institué par une loi au Parlement ; une loi qui ne peut ni n’est destinée à les protéger ni à réparer les torts qu’ils ont subis va être promulguée pour donner à l’étranger, au mécontent, à l’agent provocateur, le pouvoir de les clouer au pilori pour des actes d’ordre privé.

« Il y a huit ans, on a vendu une maison à un noir. Aujourd’hui, il n’y a plus qu’un blanc dans la rue. »

Parmi les centaines et les centaines de lettres que j’ai reçues la dernière fois que j’ai parlé de ce sujet, il y a deux ou trois mois, j’ai été frappé par un fait qui est essentiellement nouveau et que je trouve de très mauvais augure. Les députés ont l’habitude de recevoir des lettres anonymes ; mais ce qui m’a surpris et inquiété, c’est la forte proportion de gens modestes, convenables, sensés, qui m’envoient une lettre raisonnable et souvent bien écrite, et qui se croient tenus de taire leur adresse, parce qu’il serait dangereux de se compromettre en approuvant, dans une lettre à un député, les positions que j’ai exprimées, et qu’ils risqueraient des poursuites ou des représailles si cela se savait. Le sentiment d’être une minorité persécutée, sentiment qui progresse parmi les gens modestes dans les parties du pays qui sont touchées par l’immigration, est quelque chose d’à peine imaginable pour ceux qui n’en ont pas fait directement l’expérience.

Je vais laisser l’une de ces centaines de personnes parler à ma place : « Il y a huit ans, dans une rue tranquille de Wolverhampton, on a vendu une maison à un noir. Aujourd’hui, il n’y reste plus qu’un blanc (une dame âgée à la retraite). Voici son histoire. Elle a perdu son mari et ses deux fils à la guerre. C’est ainsi qu’elle a transformé sa maison de sept pièces, son seul bien, en pension de famille. Elle a travaillé dur et elle a bien réussi, remboursé son emprunt et commencé à mettre de l’argent de côté pour ses vieux jours. Puis les immigrés sont arrivés. Avec une appréhension croissante, elle a vu les maisons se faire racheter les unes après les autres. La rue, autrefois paisible, est aujourd’hui livrée au bruit et au désordre. Avec regret, ses locataires blancs sont partis.

« Le lendemain du jour où son dernier locataire est parti, elle a été réveillée à 7 heures du matin par deux noirs qui voulaient utiliser son téléphone pour appeler leur employeur. Parce qu’elle avait refusé, comme elle aurait refusé à n’importe qui, à cette heure matinale, elle s’est fait injurier et elle a eu peur de se faire agresser, sans la chaîne qui bloquait la porte. Des familles d’immigrés ont cherché à lui louer des chambres, mais elle a toujours refusé. Ses petites économies se sont épuisées et, après avoir payé les impôts locaux, il lui reste moins de 2 livres par semaine. Elle est allé demander une réduction d’impôts et a été reçue par une jeune fille qui, en apprenant qu’elle possédait une maison de sept pièces, lui a conseillé d’en louer une partie. Quand elle a répondu que les seuls locataires qu’elle pouvait avoir étaient des noirs, la jeune fille lui a répondu : « Les préjugés raciaux ne vous mèneront nulle part dans ce pays. » Elle est rentrée chez elle.

« Le téléphone est son seul lien avec l’extérieur. Sa famille paye la facture, et l’aide autant qu’elle peut. Des immigrés lui ont proposé d’acheter sa maison – pour un prix que les acheteurs potentiels pourraient recouvrer en la louant quelques semaines, ou au plus quelques mois. Elle a désormais peur de sortir. Les fenêtres sont cassées. Elle trouve des excréments dans sa boîte à lettres. Quand elle va faire ses courses, elle est suivie par des enfants, de charmants négrillons qui ont la bouche fendue jusqu’aux oreilles. Ils ne savent pas parler anglais, mais il y a un mot qu’ils connaissent : « Raciste ! », scandent-ils. Cette femme est convaincue qu’elle ira en prison lorsque la nouvelle loi sur les relations interraciales sera adoptée. A-t-elle tort ? Je commence à me le demander. »

Extravant et dangereux de songer à une possible intégration

L’autre dangereuse chimère de ceux qui sont aveugles aux réalités, délibérément ou non, peut se résumer en un mot : « intégration ». S’intégrer à une population, c’est ne plus se distinguer, en pratique, de ses autres membres 1.

Or, de tout temps, quand il y a des différences physiques importantes, particulièrement la couleur de la peau, l’intégration est difficile, bien qu’elle ne soit pas impossible à la longue. Parmi les immigrés du Commonwealth venus s’installer ici depuis quinze ans, il y a bien des milliers de personnes qui souhaitent s’intégrer, et dont toutes les pensées et tous les efforts tendent vers cet objectif.
Mais il est extravagant et dangereux de s’imaginer que les immigrés et leurs descendants aient en grande majorité, et de plus en plus, une telle idée en tête.

Nous sommes arrivés à un tournant. Jusqu’à présent, c’est la force des circonstances et des origines qui a rendu l’idée même d’intégration inaccessible à la plupart des immigrés – ils n’ont jamais conçu ni souhaité une telle chose, et leur nombre et leur concentration physique ont fait que la pression vers l’intégration qui s’applique normalement à une petite minorité quelconque n’a pas fonctionné.
Nous assistons aujourd’hui au développement de forces qui s’opposent directement à l’intégration, à l’apparition d’intérêts qui s’investissent dans le maintien et l’accentuation des différences raciales et religieuses, en vue d’exercer une domination concrète, d’abord sur les autres immigrés et ensuite sur le reste de la population. Le nuage, qui n’était pas plus grand que la main d’un homme, et qui peut très vite obscurcir le ciel, est apparu récemment à Wolverhampton et donne des signes d’expansion rapide. Les mots que je vais citer ne sont pas les miens, je les reprends tels quels de la presse locale du 17 février, ils sont d’un député travailliste, ministre du gouvernement actuel : « La campagne de la communauté sikh pour conserver des coutumes inappropriées en Grande-Bretagne est très regrettable. Travaillant en Grande-Bretagne, notamment dans les services publics, ces gens devraient être disposés à accepter les conditions de leur emploi. La revendication de droits particuliers pour leur communauté (devrait-on parler de rites ?) conduit à une dangereuse fragmentation de la société. Ce communautarisme est un chancre ; qu’il soit pratiqué par des gens d’une couleur de peau ou d’une autre, il faut le condamner sévèrement. » C’est tout à l’honneur de John Stonehouse d’avoir eu la lucidité de le comprendre, et le courage de le dire.

Les dispositions du projet de loi sur les relations interraciales constituent le terreau idéal pour que s’épanouissent ces dangereux éléments de discorde. Voilà le moyen de montrer que les communautés d’immigrés peuvent s’organiser pour renforcer l’adhésion de leurs membres, pour s’agiter et faire campagne contre leurs concitoyens, pour intimider et dominer les autres grâce aux armes légales que les ignorants et les mal-informés leur ont fournies. Quand je regarde devant moi, je suis empli d’un funeste pressentiment ; comme la Romaine, je crois voir « le Tibre écumant de sang ».
Ce phénomène tragique et inextricable que nous observons avec horreur outre-Atlantique, mais qui est là-bas intimement lié à l’histoire et à l’existence même des Etats- Unis, il est en train de venir sur nous, ici, par notre propre volonté et notre propre négligence. En vérité, il est déjà arrivé. Numériquement parlant, il aura atteint les proportions américaines bien avant la fin du siècle.
Seule une action résolue et immédiate peut encore l’empêcher. Je ne sais s’il y aura la volonté politique pour demander et obtenir une telle action. Tout ce que je sais, c’est que ce serait la plus grande des trahisons de se taire, quand on a vu.

1. Enoch Powell définit l’intégration au sens où nous parlons aujourd’hui, en France, d’assimilation.

 

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