Radio Courtoisie : la censure de Paoli n’est plus tolérable, par Raphaël Jodeau

Lettre à Dominique Paoli 

Madame,

Il y a deux ans j’ai reçu un appel de Monsieur de Lesquen pour me demander de bien vouloir reprendre une émission sur Radio courtoisie.
Ayant eu la garantie d’avoir une liberté de ton et d’action dans le cadre de mon émission, j’ai accepté.

Depuis, je tiens le Libre Journal des Insoumis sans défaillance tous les quatre mardis. J’ai souhaité donner à mon émission un ton original consistant à aborder des thèmes sérieux sans se prendre au sérieux. Pour ce faire, j’ai fait appel à « Jef », un professionnel qui a travaillé pendant vingt ans avec des personnalités aussi reconnues que Philippe Bouvard, Laurent Ruquier, Anne Roumanoff, etc.
Même si l’on ne peut satisfaire tout le monde, nous savons que cette émission est un succès, ne serait-ce qu’au vu des nombreux messages qui nous parviennent tout au long des émissions, ainsi que des encouragements à poursuivre provenant des auditeurs et adhérents.

Par ailleurs, j’ai toujours refusé de prendre parti dans les querelles récentes de Radio Courtoisie. Au bout de 21 ans d’engagement corps et âme dans de nombreuses activités associatives, ce type de déchirement stérile m’a toujours paru l’expression d’un milieu où se confrontent naturellement des opinions libres et des personnalités fortes.
Ne vous connaissant ni vous, ni Monsieur de Lesquen, et ayant été à de nombreuses reprises particulièrement écoeuré par les coups bas de ce petit milieu aux visées de conquérant et aux manoeuvres de perdant, je ne me sens pas l’âme d’un enfant de divorcé mais plutôt celle d’un observateur assez détaché.

Cependant autre chose me préoccupe.

A plusieurs reprises, vous avez jugé bon de censurer certains propos tenus dans mon émission. D’abord une de mes critiques sur le film 120 battements par minute, qui me valut un recommandé avec menace d’annulation de mon émission puis, je viens de l’apprendre, deux nouvelles censures de propos tenus par Jef dans ma précédente émission, et ce sans m’en avoir averti.

Que certains traits d’humour vous paraissent de mauvais goût me semble tout naturel et même assez inévitable. Il est bien normal que les blagues soient très inégales et que certaines puissent déranger.
Je comprends également que vous soyez très inquiète des récentes condamnations supportées par le CSA.
Cependant, comme j’ai déjà eu l’occasion de vous le dire, nos propos ne tombent pas sous le coup de la loi et, d’ailleurs, le CSA n’en a à ma connaissance jamais fait reproche.

Je trouve votre attitude inquiétante pour au moins deux raisons :
– la première c’est que l’auto-censure paniquée est exactement ce qu’attendent nos adversaires. En la pratiquant ainsi, Radio Courtoisie perdra son caractère et se rangera aux côtés des radios au contenu aspetisé, pour ne déranger plus personne.
Soit il faut accepter de prendre les coups des premières lignes de combattants, soit il faut se résigner à se réfugier sur le web, là où la censure est nécessairement plus ardue mais, aussi, où le public est plus difficile à toucher.
– la deuxième me frappe plus directement. En me censurant, vous faites implicitement passer le message que je dirige une émission au contenu homophobe ou raciste (à quand l’antisémitisme ?), ce qui me stigmatise tout particulièrement alors que mes valeurs catholiques m’empêchent strictement d’adhérer à ces idéologies en vogue.

Alors que je pensais donner libre cours à mon esprit mousquetaire, je réalise aujourd’hui que Radio Courtoisie n’est plus pour moi une tribune où il est possible de s’ « empanacher d’indépendance et de franchise ».
En conséquence, je dois avoir l’honnêteté intellectuelle d’arrêter mon émission tant que ces problèmes n’auront pas été résolus, plutôt que de baisser la voix en utilisant la radio comme une tribune pour mes activités comme un opportuniste de seconde zone.

Je ne me présenterai pas à l’antenne demain, et vous saurais gré de bien vouloir y diffuser une archive, comme c’est la coutume en pareil cas me semble-t-il.
Si je ne devais pas revenir, je remercie tous ceux qui ont permis cette magnifique aventure, des techniciens jusqu’aux petites mains qui ont inlassablement noté les messages pendant les émissions, en remerciant chaleureusement les auditeurs qui nous ont soutenus et encouragés jusqu’à présent.

Je vous prie d’agréer, Madame, l’expression de ma respectueuse salutation.

Raphaël Jodeau

2 Commentaires

  • Les ennemis de Radio Courtoisie ne la trouveront jamais assez édulcorée. L’autocensure ,hors la politesse et la bienséance,ne sert à rien qu’à décevoir les auditeurs.Le  » deux poids deux mesures » est désormais la règle et la radio sera toujours sur le mauvais plateau de la balance,quoi qu’elle fasse.
    Conclusion : restons nous-mêmes,ne lâchons rien !
    ph.P

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  • Alors là, cher Monsieur Jodeau, les bras m’en tombent: vous êtes bien le dernier auquel j’aurais pensé devoir subîr la censure de l’ex « nouvelle direction », désormais provisoire. Votre émission m’enchantait, et je suis bien désolé que vous ayez décidé de ne plus l’animer.

    Finalement, cette Madame Paoli, est d’un politiquement correct à chi….Oh pardon! J’allais utiliser un mot anglais! Elle est un concentré de tout ce que détestaient Jean Ferré et Serge de Beketch!

    A propos de Jean Ferré, je souhaiterais évoquer un souvenir du très ancien auditeur de Radio Courtoisie que je suis. Lorsque celui-ci fut très gravement malade, au point de ne pouvoir assurer son émission du lundi soir, à une question d’un auditeur qui demandait la raison de son absence, Madame Paoli eut cette réponse aussi saugrenue que ridicule (en outre mensongère, et qui en dit long sur sa capacité de dissimulation, à défaut de celle d’être « une grande historienne »): elle répondit textuellement: « il est tombé dans son escalier », alors qu’il était de notoriété publique qu’il était atteint d’une « longue maladie », arrivée à son terme. Je l’ai entendue en direct, et un enregistrement doit exister (sauf s’il a été caviardé, une pratique hélas bien répandue sur « notre chère radio »).

    S’il n’était le côté tragique de l’évènement, on poufferait rétrospectivement de rire, à une aussi stupide réponse de la part de cette dame, qui eût pu évoquer sobrement la maladie de Jean Ferré, sans aucunement trahîr le secret médical mais qui montra déjà le peu de considération dans laquelle elle tient les auditeurs. Espérons qu’ils s’en rendront enfin compte.

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