Archives de Catégorie: Varia

Témoignage historique de Monseigneur Viganò : l’Église catholique est sous la coupe d’une coterie homosexuelle

Pape François, cardinal McCarrick, Mgr Viganò

Nous donnons ici la traduction intégrale du témoignage historique publié par Mgr Viganò le 25 août 2018. Tout ce qu’y a affirmé celui-ci était vrai et incontestable. Jean-Marie Guénois, journaliste du Figaro chargé des questions religieuses, qui n’est ni un excité ni un extrémiste, l’a confirmé. Or, ce que rapporte Mgr Viganò est effroyable. L’Église catholique est aujourd’hui sous la coupe d’une coterie homosexuelle, qui a fait l’élection du pape François en 2013 et dont celui-ci est le complice et l’otage. Les conséquences de cette situation incroyable sont considérables, non seulement sur le plan religieux, mais aussi sur le plan politique (voir ci-dessous, citée par Mgr Viganò, la phrase du pape François qui assimile les homosexuels à la gauche.) Il n’est pas besoin d’être un ardent catholique pour comprendre l’importance de ce document.

Dans la société civile, chacun doit être libre de sa vie intime. L’inclination sexuelle ne devrait donc pas être un sujet politique. Il n’est même pas choquant que les individus qui partagent les mêmes goûts dans ce domaine ou dans un autre aient envie de se regrouper, comme le font les amateurs de pétanque… Il en va déjà autrement lorsque l’inclination sexuelle sert de base à la formation d’une coterie et que celle-ci mène une action politique de subversion de la morale traditionnelle et des institutions au nom de l’idéologie cosmopolitique.

Mais le scandale est encore bien plus grand dans la société religieuse : il paraît a priori inconcevable qu’une coterie homosexuelle puisse se former au sein de l’Église catholique, puisque celle-ci, héritière sur ce point du judaïsme de l’antiquité, condamne les actes homosexuels, qualifiés de péchés graves. Ce n’est pas l’inclination sexuelle des clercs qui est en cause, ceux-ci étant tenus, de par leur vocation, au célibat et à la chasteté, donc à la continence. Ce sont les actes homosexuels accomplis par des prêtres qui sont objet de scandale : ces actes sont en effet radicalement contraires à la foi et à la morale que ceux-ci sont censés professer. La constitution d’une coterie homosexuelle au sein de l’Église catholique porte le scandale à un degré inimaginable.

TÉMOIGNAGE
de
Monseigneur Carlo Maria Viganò,
archevêque titulaire d’Ulpiana,
nonce apostolique[1]

En ce moment tragique que l’Eglise traverse dans diverses parties du monde, États-Unis, Chili, Honduras, Australie, etc., la responsabilité des évêques est très grave. Je pense en particulier aux États-Unis d’Amérique, où je fus envoyé comme nonce apostolique[2] par le pape Benoît XVI le 19 octobre 2011, en évoquant la mémoire des premiers martyrs de l’Amérique du nord. Les évêques des États-Unis sont appelés, et moi avec eux, à suivre l’exemple de ces premiers martyrs qui apportèrent l’Evangile dans les terres d’Amérique, à être les témoins crédibles de l’amour incommensurable du Christ, qui est la Voie, la Vérité et la Vie.

Des évêques et des prêtres, abusant de leur autorité, ont commis des crimes horribles au détriment de leurs fidèles, mineurs, victimes innocentes, jeunes hommes désireux d’offrir leur vie à l’Eglise, ou n’ont pas empêché, en gardant le silence, que de tels crimes continuassent à être perpétrés.

Pour redonner la beauté de la sainteté au visage de l’Épouse du Christ, terriblement enlaidi par tant d’actes abominables, et si l’on veut vraiment libérer l’Église du marais fétide où elle s’enfonce, nous devons avoir le courage de briser la culture du secret et de confesser publiquement les vérités que nous avons tenues cachées. Il faut briser l’omertà, la loi du silence, par laquelle les évêques et les prêtres se sont protégés eux-mêmes au détriment de leurs fidèles, omertà susceptible de faire apparaître l’Église aux yeux du monde comme une secte, omertà qui n’est pas si différente de celle qui est en vigueur dans la mafia. « Tout ce que vous avez dit dans les ténèbres […] sera proclamé sur les toits » (Luc, 12, 3).

J’avais toujours cru et espéré que la hiérarchie de l’Église pût trouver en elle-même les ressources spirituelles et la force de faire émerger la vérité, de s’amender et de se rénover. Pour cette raison, bien que l’on me l’eût demandé plusieurs fois, j’avais toujours évité de faire des déclarations aux media, bien que c’eût été mon droit de le faire pour me défendre des calomnies publiées sur mon compte, y compris par de hauts prélats de la curie romaine[3]. Mais aujourd’hui que la corruption a atteint les sommets de la hiérarchie de l’Église, ma conscience m’impose de révéler ces vérités dont j’ai eu connaissance au sujet de la très triste affaire de l’archevêque émérite de Washington, Theodore McCarrick, au cours des missions qui me furent confiées par saint Jean-Paul II[4] en tant que délégué pour les représentations pontificales de 1998 à 2009 et par le pape Benoît XVI[5] comme nonce apostolique aux États-Unis du 19 octobre 2011 à fin mai 2016.

En tant que délégué pour les représentations pontificales au sein du secrétariat d’Etat, mes compétences propres n’étaient pas limitées aux nonciatures apostoliques, mais comprenait aussi le personnel de la curie romaine (nominations, promotions, procédures d’information sur les candidats à l’épiscopat, etc.) et l’examen des cas délicats, même ceux des cardinaux et les évêques, qui étaient confiés au délégué du cardinal secrétaire d’Etat[6] ou du substitut du secrétaire d’Etat.

Pour réfuter les insinuations énoncées dans quelques articles récents, je dirai tout de suite que les nonces apostoliques aux États-Unis, Gabriel Montalvo et Pietro Sambi, tous deux morts prématurément[7], ne manquèrent pas d’informer immédiatement le Saint-Siège dès qu’ils eurent connaissance des comportements gravement immoraux de l’archevêque McCarrick envers des séminaristes et des prêtres. En effet, la lettre du père Boniface Ramsey, O.P.[8], du 22 novembre 2000, d’après ce qu’en a écrit Mgr Pietro Sambi, fut selon lui rédigée à la demande du regretté Mgr Montalvo. Dans celle-ci, le père Ramsey, qui avait été professeur au séminaire diocésain de Newark de la fin des années 1980 jusqu’en 1996, affirme que le bruit courait au séminaire que l’archevêque « shared his bed with seminarians » [partageait son lit avec des séminaristes], allant jusqu’à en inviter cinq à la fois à passer la fin de semaine avec lui dans sa maison du bord de mer. Et il ajoute connaître un certain nombre de séminaristes, dont plusieurs ont ensuite été ordonnés prêtres pour l’archidiocèse de Newark, qui avaient été invités dans cette maison du bord de mer et qui avaient partagé le lit de l’archevêque.

Le bureau dont j’avais alors la charge ne fut informé d’aucune mesure prise par le Saint-Siège à la suite de cette dénonciation faite fin 2000 par le nonce Montalvo, quand le secrétaire d’Etat était le cardinal Angelo Sodano.

À son tour, le nonce Sambi transmit au cardinal secrétaire d’État, Tarcisio Bertone, un mémoire d’accusation contre McCarrick rédigé par Gregory Littleton, prêtre du diocèse de Charlotte, réduit à l’état laïc pour viol de mineurs, accompagné de deux documents du même Littleton, dans lesquels celui-ci racontait sa triste histoire de sévices sexuels infligés par celui qui était alors archevêque de Newark et par plusieurs autres prêtres et séminaristes. Le nonce ajoutait que Littleton avait déjà transmis son mémoire à une vingtaine de personnes, responsables judiciaires civils et ecclésiastiques, policiers, avocats, fin juin 2006, et qu’il était donc très probable que la nouvelle fût très bientôt rendue publique. Il demandait de ce fait une intervention rapide du Saint-Siège.

En rédigeant la note sur ces documents qui, comme délégué pour les représentations pontificales, me furent confiés le 6 décembre 2006, j’écrivis à mes supérieurs, le cardinal Tarcisio Bertone et le substitut Leonardo Sandri, que les faits attribués à McCarrick par Littleton étaient d’une gravité et d’une infamie telles qu’ils provoquaient chez le lecteur stupeur, dégoût, profonde douleur et amertume, et qu’ils constituaient les crimes de subornation, de sollicitation de séminaristes et prêtres à des actes dégradants, répétés et accomplis simultanément avec plusieurs personnes, d’humiliation d’un jeune séminariste qui tentait de résister aux séductions de l’archevêque en présence de deux autres prêtres, d’absolution du complice des actes dégradants, de célébration sacrilège de l’Eucharistie avec ces mêmes prêtres après avoir commis de tels actes.

Dans cette note que je remis le même 6 décembre 2006 à mon supérieur direct, le substitut Leonardo Sandri, je proposai à mes supérieurs les considérations et les lignes d’action suivantes :

– compte tenu qu’aux nombreux scandales de l’Église des États-Unis il semblait qu’il allait s’en ajouter un de particulière gravité qui concernait un cardinal ;

– et que, du point de vue du droit, s’agissant d’un cardinal, sur le fondement du canon 1405, §1, n. 2°, « ipsius Romani Pontificis dumtaxat ius est iudicandi [le droit de juger appartient exclusivement au pontife romain lui-même] » ;

– je proposai qu’une mesure exemplaire fût prise à l’encontre du cardinal, susceptible d’avoir une fonction curative, en vue à la fois de prévenir de futurs sévices au détriment de victimes innocentes et d’apaiser le très grave scandale pour les fidèles, qui, malgré tout, continuaient d’aimer et de croire en l’Église.

J’ajoutai qu’il eût été salutaire que pour une fois l’autorité ecclésiastique intervînt avant l’autorité civile et, si possible, avant que le scandale n’éclatât dans la presse ; cela pouvait rendre un peu de dignité à une Église si éprouvée et si humiliée par tant de comportements abominables de la part de certains pasteurs. Dans ce cas, l’autorité civile n’aurait plus eu à juger un cardinal, mais un pasteur envers lequel l’Église aurait déjà pris les mesures appropriées pour l’empêcher, abusant de son autorité de cardinal, de continuer à détruire des victimes innocentes.

Cette note du 6 décembre 2006 fut retenue par mes supérieurs et il ne me revint jamais une quelconque décision de leur part à son sujet.

Ensuite, autour des 21-23 avril 2008, fut publié par Internet sur le site richardsipe.com le Statement for Pope Benedict XVI about the pattern of sexual abuse crisis in the United States [Rapport au pape Benoît XVI sur la nature de la crise des sévices sexuels aux États-Unis], de Richard Sipe. Il fut transmis le 24 avril au préfet de la congrégation pour la doctrine de la foi, le cardinal William Levada, au cardinal secrétaire d’Etat Tarcisio Bertone, et il me fut transmis un mois après, le 24 mai 2008.

Le lendemain, je transmis mon rapport au nouveau substitut, Fernando Filoni, y compris mon rapport précédent du 6 décembre 2006. J’y faisais une synthèse du document de Richard Sipe, qui se terminait par cet appel respectueux et chaleureux au pape Benoît XVI : « I approach Your Holiness with due reverence, but with the same intensity that motivated Peter Damian to lay out before your predecessor, Pope Leo IX, a description of the condition of the clergy during this time. The problems he spoke of are similar and as great now in the United States as they were then in Rome. If Your Holiness requests, I will submit to you personally documentation of that about which I have spoken. [Je me présente devant votre Sainteté avec la révérence qui lui est due, mais avec la même énergie qui a poussé Pierre Damien[9] à faire à votre prédécesseur, le pape Léon IX[10], la description de l’état du clergé à cette époque. Les problèmes dont il parlait sont semblables et aussi grands aujourd’hui aux États-Unis qu’ils l’étaient alors à Rome. Si votre Sainteté le souhaite, je lui soumettrai personnellement la documentation sur ce que je lui ai exposé.] »

Je terminai mon rapport en répétant à mes supérieurs que je concluais qu’ils devaient intervenir en premier lieu en ôtant le chapeau de cardinal au cardinal McCarrick et qu’il fallait lui infliger les sanctions établies dans le code de droit canonique, lesquelles prévoyaient même la réduction à l’état laïc.

Mon second rapport ne revint jamais, lui non plus, au bureau du personnel, et grande fut ma déception à l’endroit de mes supérieurs du fait de l’absence inconcevable de toute mesure à l’encontre du cardinal et du manque persistant de toute communication à mon égard depuis mon premier rapport de décembre 2006.

Mais finalement j’ai su avec certitude, par le truchement du cardinal Giovanni Battista Re, alors préfet de la congrégation pour les évêques, que le Statement courageux et méritoire de Richard Sipe avait obtenu le résultat espéré. Le pape Benoît avait appliqué au cardinal McCarrick des sanctions similaires à celles qui lui ont été infligées aujourd’hui par le pape François : le cardinal devait quitter le séminaire où il habitait, il lui était interdit de célébrer en public, de participer à des réunions publiques, de donner des conférences, de voyager, et il avait l’obligation de se retirer dans une vie de prière et de pénitence.

Je ne sais pas quand le pape Benoît XVI a pris ces mesures à l’encontre de McCarrick, si c’est en 2009 ou 2010, car entre-temps j’avais été transféré à l’administration de l’État de la Cité du Vatican, de même qu’il ne m’a pas été donné de savoir qui était responsable de ce retard incroyable. Je ne crois pas du tout que ce fût le pape Benoît XVI, qui, comme cardinal, avait déjà dénoncé à maintes reprises la corruption répandue dans l’Église et qui, dans les premiers mois de son pontificat, s’était fermement opposé à l’admission dans les séminaires de jeunes gens à l’inclination homosexuelle invétérée. Je dirai que c’était dû à celui qui était alors le premier collaborateur du pape, le cardinal Tarcisio Bertone, notoirement favorable à la promotion d’homosexuels à des postes de responsabilité et habitué à filtrer les informations qu’il jugeait opportunes de transmettre au pape.

En tout cas, ce qui est sûr, c’est que le pape Benoît XVI a infligé les sanctions canoniques susmentionnées à McCarrick et que celles-ci lui furent communiquées par le nonce apostolique aux États-Unis, Mgr Pietro Sambi. Mgr Jean-François Lantheaume, alors premier conseiller à la nonciature de Washington et chargé d’affaires ad interim après la mort inattendue du nonce Sambi à Baltimore[11], me rapporta à mon arrivée à Washington – ce dont il est prêt à témoigner – un entretien orageux de plus d’une heure entre le nonce Sambi et le cardinal McCarrick, qu’il avait convoqué à la nonciature : « La voix du nonce, me dit Mgr Lantheaume, s’entendait jusque dans le couloir ».

Ces dispositions de Benoît XVI me furent ensuite également communiquées par le nouveau préfet de la congrégation pour les évêques, le cardinal Marc Ouellet, en novembre 2011, au cours d’une réunion avant mon départ pour Washington, parmi les instructions de la congrégation au nouveau nonce.

À mon tour, je les répétai au cardinal McCarrick lors de ma première rencontre avec lui à la nonciature. Le cardinal, bredouillant de façon à peine compréhensible, admit avoir pu commettre l’erreur de dormir dans le même lit que des séminaristes dans sa maison du bord de la mer, mais il me le dit comme si cela était sans importance.

Les fidèles se demandent avec insistance comment ses nominations à Washington et comme cardinal ont été possibles et ils ont pleinement le droit de savoir qui était au courant, qui a couvert ses graves méfaits. Il est donc de mon devoir d’en rendre compte pour autant que cela s’y rapporte, à commencer par la curie romaine.

Le cardinal Angelo Sodano fut secrétaire d’Etat jusqu’en septembre 2006 : toutes les informations lui parvenaient. En novembre 2000, le nonce Montalvo lui envoya son rapport lui transmettant la lettre suscitée du père Boniface Ramsey où étaient dénoncés les graves sévices commis par McCarrick.

Il convient de noter que Sodano continua de couvrir jusqu’au bout le scandale du père Maciel[12], en déplaçant à cet effet le nonce de la ville de Mexico, Justo Mellor, qui se refusait à se rendre complice de sa manœuvre de couverture de Maciel, et qu’il nomma à la place Sandri, alors nonce au Vénézuéla, et plutôt bien disposé à collaborer. Sodano n’a pas hésité non plus à faire faire un communiqué à la salle de presse du Vatican dans lequel il était faussement affirmé que le pape Benoît avait décidé que le cas de Maciel devait désormais être tenu pour clos. Benoît réagit, en dépit de la vigoureuse résistance de Sodano, et Maciel fut jugé coupable et condamné irrévocablement.

La nomination de McCarrick à Washington et comme cardinal fut-elle l’œuvre de Sodano, alors que Jean-Paul II était déjà gravement malade ? Il ne nous est pas donné de le savoir. Il est cependant permis de le penser, mais je ne crois pas qu’il fut le seul responsable. McCarrick venait souvent à Rome et il s’était fait des amis partout, à tous les niveaux de la curie. Si Sodano protégea Maciel, comme cela paraît certain, on ne voit pas pourquoi il ne l’aurait pas fait pour McCarrick, qui, selon beaucoup, avait aussi les moyens financiers d’influencer la décision[13]. Le cardinal Giovanni Battista Re, alors préfet de la congrégation pour les évêques, s’était plutôt opposé à sa nomination à Washington. Il y a à la nonciature de Washington un billet écrit de sa main où le cardinal se dissocie de ladite nomination et affirme que McCarrick était le quatorzième de la liste pour le poste de Washington.

Le rapport du nonce Sambi, avec toutes ses allégations, fut adressé au cardinal Tarcisio Bertone, en tant que secrétaire d’Etat, et mes deux rapports suscités du 6 décembre 2006 et du 25 mai 2008 lui furent probablement transmis. Comme je l’ai déjà souligné, le cardinal n’avait pas de scrupule à présenter avec insistance des candidats à l’épiscopat qui étaient notoirement des homosexuels actifs – je citerai seulement le cas remarquable de Vincenzo di Mauro, nommé archevêque-évêque de Vigevano, qui fut révoqué pour avoir séduit ses séminaristes – ni à filtrer et à manipuler l’information qu’il faisait parvenir au pape Benoît.

Le cardinal Pietro Parolin, actuel secrétaire d’Etat, s’est lui aussi rendu complice d’avoir couvert les méfaits de McCarrick, lequel, depuis l’élection du pape François, s’est vanté ouvertement de ses voyages et missions dans divers continents. En avril 2014, le Washington Times rendit compte en première page d’un voyage de McCarrick en République centrafricaine, qui plus est au nom du département d’Etat. Comme nonce à Washington, j’écrivis donc au cardinal Parolin pour lui demander si les sanctions prononcées à l’encontre de McCarrick par le pape Benoît étaient encore en vigueur. Ça va sans dire[14] que ma lettre n’obtint pas la moindre réponse !

On peut dire la même chose du cardinal William Levada, ex-préfet de la congrégation pour la doctrine de la foi, du cardinal Marc Ouellet, préfet de la congrégation pour les évêques, de Lorenzo Baldisseri, ex-secrétaire de la même congrégation pour les évêques, de l’archevêque Ilson de Jesus Montanari, actuel secrétaire de la même congrégation. Ceux-ci, en raison de leurs fonctions, étaient au courant des sanctions prononcées par le pape Benoît à l’encontre de McCarrick.

Les cardinaux Leonardo Sandri, Fernado Filoni et Angelo Becciu, en tant que substituts du secrétariat d’Etat, ont eu connaissance en gros et en détail de la situation du cardinal McCarrick.

Les cardinaux Giovanni Lajolo et Dominique Mamberti, qui, comme secrétaires aux relations avec les Etats, ont participé plus d’une fois par semaine aux réunions collégiales avec le secrétaire d’Etat, ne pouvaient pas non plus ne pas savoir.

En ce qui concerne la curie romaine, pour le moment je m’en tiendrai là, encore que les noms des autres prélats du Vatican soient bien connus, encore qu’ils soient très proches du pape François, comme le cardinal Francesco Coccopalmerio et l’archevêque Vincenzo Paglia, qui appartiennent au courant philo-homosexuel favorable à la subversion de la doctrine catholique sur l’homosexualité, courant déjà dénoncé à la fin de 1986 par le cardinal Joseph Ratzinger, alors préfet de la congrégation pour la doctrine de la foi, dans la Lettre aux évêques de l’Eglise catholique sur le traitement pastoral des personnes homosexuelles. Au même courant, quoique avec une idéologie différente, appartiennent aussi les cardinaux Edwin Frederick O’Brien et Renato Rafaele Martino. D’autres encore, appartenant à ce courant, habitent aussi dans la Domus Sanctae Marthae [résidence Sainte-Marthe[15]].

J’en viens maintenant aux États-Unis. De toute évidence, le premier à avoir été informé des mesures prises par le pape Benoît était le successeur de McCarrick au siège de Washington, le cardinal Donald Wuerl, dont la situation est maintenant tout à fait compromise par les révélations récentes sur son comportement lorsqu’il était évêque de Pittsburgh[16].

Il est absolument impensable que Mgr Sambi, personne hautement responsable, loyale, directe et franche, en bon Romagnol qu’il était, ne le lui ait pas dit. En tout cas, j’ai moi-même abordé à plusieurs reprises le sujet avec le cardinal Wuerl, et je n’eus aucunement besoin d’entrer dans les détails, car il me fut immédiatement évident qu’il en avait pleinement connaissance. Je me souviens ainsi, en particulier, avoir dû attirer son attention parce que j’avais remarqué que dans une publication de l’archidiocèse, sur la quatrième de couverture en couleur, était annoncée une invitation à rencontrer le cardinal McCarrick destinée aux jeunes gens qui pensaient avoir vocation au sacerdoce. Je téléphonai immédiatement au cardinal Wuerl, qui me manifesta son étonnement, me disant qu’il ne savait rien de cette annonce et qu’il annulerait la réunion. Alors qu’il répète aujourd’hui ne rien avoir su des sévices commis par McCarrick et des mesures prises par Benoît XVI, comment expliquer sa réponse ?

Ses déclarations récentes, dans lesquelles il affirme n’avoir rien su, bien qu’au début elles se réfèrent sournoisement aux réparations obtenues par deux victimes, sont absolument ridicules. Le cardinal ment effrontément et de surcroît pousse au mensonge son propre chancelier, Mgr Antonicelli.

Du reste, le cardinal Wuerl avait déjà clairement menti en une autre occasion. A la suite d’un événement moralement inacceptable autorisé par l’autorité académique de la Georgetown University [université de Georgetown][17], j’avais appelé l’attention de son président, le docteur John DeGioia, en lui envoyant deux lettres successives. Avant de les transmettre au destinataire, par courtoisie, j’en avais adressé personnellement copie au cardinal avec une lettre d’accompagnement. Le cardinal me dit qu’il n’était pas au courant. Il se garda bien cependant d’accuser réception de mes deux lettres, contrairement à ce qu’il faisait ponctuellement d’habitude. J’ai appris ensuite que ledit événement à la Georgetown avait lieu depuis sept ans. Mais le cardinal ne le savait pas !

En outre, le cardinal Wuerl, bien au courant des sévices commis continuellement par le cardinal McCarrick et des sanctions prononcées par le pape Benoît, a transgressé l’ordre du pape en permettant à McCarrick de loger dans un séminaire à Washington D.C[18]. Il a mis ainsi en danger d’autres séminaristes.

Mgr Paul Bootkoski, évêque émérite de Metuchen [premier diocèse de Mgr McCarrick], et Mgr John Myers, archevêque émérite de Newark, ont couvert les sévices commis par McCarrick dans leurs diocèses respectifs et ont indemnisé deux de ses victimes. Ils ne peuvent pas le nier et doivent être interrogés pour qu’ils révèlent toutes les circonstances et les responsabilités à cet égard.

Le cardinal Kevin Farrell[19], récemment interrogé par les media, a lui aussi affirmé qu’il n’avait pas eu la moindre idée des sévices commis par McCarrick. Compte tenu des années passées par Farrell à Washington, à Dallas et maintenant à Rome, je crois que personne ne peut honnêtement le croire. Je ne sais pas s’il lui a jamais été demandé s’il était au courant des crimes de Maciel. S’il devait le nier, qui pourrait le croire, attendu qu’il a occupé des postes de responsabilité comme membre des Légionnaires du Christ ?

Du cardinal Sean O’Malley[20], je me bornerai à dire que ses dernières déclarations sur le cas de McCarrick sont déconcertantes ; elles ont en effet entièrement mis en cause sa sincérité et sa crédibilité.

***

Ma conscience m’oblige maintenant à révéler des faits que j’ai vécus à la première personne, s’agissant du pape François, qui ont une dimension dramatique et qu’en tant qu’évêque partageant la responsabilité collégiale de tous les évêques envers l’Église universelle il ne m’est pas permis de taire et que je me déclare ici prêt à confirmer sous serment en appelant Dieu comme témoin.

Dans les derniers mois de son pontificat, le pape Benoît XVI avait convoqué une réunion de tous les nonces apostoliques à Rome, comme l’avaient déjà fait à plusieurs reprises Paul VI et saint Jean-Paul II. La date fixée pour l’audience avec le pape était le vendredi 21 juin 2013. Le pape François maintint cet engagement pris par son prédécesseur. Naturellement, je vins moi aussi à Rome, de Washington. C’était ma première rencontre avec le pape nouvellement élu, seulement trois mois auparavant, après la renonciation de Benoît XVI[21].

Dans la matinée du jeudi 20 juin 2013, je me rendis à la Domus Sanctae Marthae pour rejoindre mes collègues qui y étaient logés. À peine entré dans la salle, je rencontrai le cardinal McCarrick, qui portait la soutane filetée. Je le saluai avec respect comme j’avais toujours fait. Il me dit immédiatement, d’un ton entre l’ambigu et le triomphant : « Le pape m’a reçu hier, demain je pars pour la Chine. »

Je ne savais rien à l’époque de sa longue amitié avec le cardinal Bergoglio ni de la part cruciale qu’il avait eue dans sa récente élection, comme McCarrick lui-même l’a révélé plus tard lors d’une conférence à la Villanova University [université de Villanova] et dans un entretien avec le Catholic National Reporter, et je n’avais jamais pensé au fait qu’il avait participé aux réunions préparatoires du récent conclave ni au rôle qu’il avait pu avoir comme électeur dans celui de 2005[22]. Je n’ai pas immédiatement compris la signification du message crypté qu’il m’avait adressé, mais celle-ci me devint évidente les jours suivants.

Le lendemain eut lieu l’audience avec le pape François. Après le discours, en partie lu et en partie improvisé, le pape voulut saluer un à un tous les nonces. Nous étions en file indienne et je me souviens que je me trouvais parmi les derniers. Quand ce fut mon tour, à peine avais-je eu le temps de lui dire : « Je suis le nonce des États-Unis », qu’il me dit sans préambule et sur un ton de reproche : « Les évêques des États-Unis ne devraient pas être idéologisés ! Ils doivent être des pasteurs ! » Naturellement, je n’étais pas en position de lui demander des explications sur le sens de ses paroles ni sur la manière agressive dont il m’avait apostrophé. J’avais en main un livre en portugais que le cardinal O’Malley m’avait remis pour le pape quelques jours avant en me disant : « Il va ainsi pouvoir réviser son portugais avant d’aller à Rio pour la journée mondiale de la jeunesse ». Je le lui remis aussitôt de manière à me libérer de cette situation extrêmement déconcertante et embarrassante.

A la fin de l’audience, le pape annonça : « Ceux d’entre vous qui seront encore à Rome dimanche prochain sont invités à concélébrer avec moi à la Domus Sanctae Marthae. » J’ai bien entendu décidé de rester pour éclaircir cette première chose que le pape avait voulu me dire.

Le dimanche 23 juin, avant la concélébration avec le pape, j’ai demandé à Mgr Ricca, qui, comme responsable de la résidence, nous avait aidés à mettre les habits, s’il pouvait demander au pape s’il pouvait me recevoir dans le courant de la semaine suivante. Comment pouvais-je rentrer à Washington sans avoir éclairci ce que le pape attendait de moi ? A la fin de la messe, tandis que le pape saluait les quelques laïcs présents, Mgr Fabián Pedacchio, son secrétaire argentin, vint vers moi pour me dire : « Le pape m’a dit de vous demander si vous étiez libre maintenant. » Je lui répondis bien sûr que j’étais à la disposition du pape et que je remerciai celui-ci de me recevoir immédiatement. Le pape me conduisit au premier étage de son appartement et me dit : « Nous avons 40 minutes avant l’angélus. »

J’ouvris la conversation en demandant au pape ce qu’il avait voulu dire par les mots qu’il m’avait adressés lorsque je l’avais salué le vendredi précédent. Et le pape, d’un ton très différent, amical, presque affectueux, me dit : « Oui, les évêques des États-Unis ne doivent pas être idéologisés, ils ne doivent pas être de droite comme l’archevêque de Philadelphie (le pape ne me cita pas le nom de l’archevêque[23]), ils doivent être des pasteurs ; et ils ne doivent pas être de gauche et, ajouta-t-il en levant les bras, quand je dis de gauche, je veux dire homosexuels. » Naturellement, la logique de la corrélation entre être de gauche et être homosexuel m’avait échappé, mais je n’ajoutai rien.

Immédiatement après, le pape me demanda, sur un ton insistant : « Le cardinal McCarrick, comment est-il ? » Je lui répondis franchement et, si vous voulez, avec une certaine ingénuité : « Saint-Père, je ne sais pas si vous connaissez le cardinal McCarrick, mais si vous demandez à la congrégation pour les évêques, il y a un gros dossier sur lui. Il a corrompu des générations de séminaristes et de prêtres et le pape Benoît XVI lui a imposé de se retirer dans une vie de prière et de pénitence. » En dépit de la gravité de mes propos, le pape ne fit pas le moindre commentaire et ne montra sur le visage aucune expression de surprise, comme si la chose lui était déjà connue depuis longtemps ; et il changea immédiatement de sujet. Mais alors, dans quel but le pape m’avait-il posé cette question : « Le cardinal McCarrick, comment est-il ? » Evidemment, il voulait savoir si j’étais ou non l’allié de McCarrick.

Une fois rentré à Washington, tout me devint plus clair, grâce encore à un nouveau fait qui se produisit peu de jours après ma rencontre avec le pape François. J’envoyai le premier conseiller, Mgr Jean-François Lantheaume, à la prise de possession du diocèse d’El Paso par le nouvel évêque, Mark Seitz, le 9 juillet 2013, tandis que j’allai le même jour à Dallas pour une rencontre internationale de bioéthique. A son retour, Mgr Lantheaume me rapporta qu’il avait rencontré à El Paso le cardinal McCarrick, lequel, le prenant à part, lui avait dit pratiquement les mêmes mots que ceux que le pape m’avait dits à Rome : « Les évêques des États-Unis ne doivent pas être idéologisés, ils ne doivent pas être de droite, ils doivent être des pasteurs. » Je suis resté abasourdi ! Il était donc clair que le mot de reproche que le pape François m’avait adressé ce 21 juin 2013 lui avait été mis sur la langue par le cardinal McCarrick la veille. La remarque du pape « pas comme l’archevêque de Philadelphie » conduisait elle aussi à McCarrick parce qu’il y avait eu entre les deux évêques une vive controverse au sujet de l’admission à la communion des hommes politiques favorables à l’avortement. McCarrick avait trafiqué dans sa communication aux évêques une lettre de celui qui était alors le cardinal Ratzinger, laquelle interdisait de leur donner la communion. De plus, j’étais au courant du fait que certains cardinaux comme Mahony, Levada et Wuerl, qui étaient étroitement liés à McCarrick, s’étaient opposés aux nominations les plus récentes effectuées par le pape Benoît pour des sièges importants comme Philadelphie, Baltimore, Denver et San Francisco.

Non content du piège qu’il m’avait tendu le 23 juin 2013 en m’interrogeant sur McCarrick, à peine quelques mois plus tard, à l’audience qu’il m’accorda le 10 octobre 2013, le pape François m’en tendit un second, cette fois à propos de son second protégé, le cardinal Donald Wuerl. Il me demanda : « Le cardinal Wuerl, comment est-il, bon ou mauvais ? » « Saint Père, lui répondis-je, je ne vous dirai pas s’il est bon ou mauvais, mais je vous rapporterai les faits. » Ce sont ceux que j’ai déjà soulignés ci-dessus, en ce qui concerne la négligence pastorale de Wuerl pour les déviations aberrantes à la Georgetown University et l’invitation faite par l’archidiocèse de Washington à des jeunes gens aspirant au sacerdoce à rencontrer McCarrick ! Cette seconde fois, le pape ne montra non plus aucune réaction.

Il devint ensuite évident qu’après l’élection du pape François, McCarrick, désormais dégagé de toute entrave, se sentait libre de voyager sans cesse, de donner des conférences et des entretiens[24] . Dans un jeu d’équipe avec le cardinal Maradiaga, il était devenu le kingmaker [faiseur de roi] pour les nominations à la curie et aux États-Unis et le conseiller le plus écouté au Vatican pour les relations avec le gouvernement Obama. Cela explique le remplacement du cardinal Burke par le cardinal Wuerl comme membre de la congrégation pour les évêques et la nomination immédiate de Cupich au sein de cette même congrégation à peine fut-il fait cardinal. Avec ces nominations, la nonciature de Washington était mise hors jeu pour la nomination des évêques. De surcroît, le pape nomma le Brésilien Ilson de Jesus Montanari – grand ami de son secrétaire privé argentin, Fabián Pedacchio – secrétaire de cette même congrégation pour les évêques et secrétaire du collège des cardinaux, promotion directe d’un simple collaborateur de ce dicastère comme archevêque-secrétaire. Du jamais vu pour un poste si important !

Les nominations de Blase Cupich à Chicago et de William Tobin à Newark ont été orchestrées par McCarrick, Maradiaga et Wuerl, unis par un pacte infâme où les turpitudes du premier servaient de couverture aux turpitudes des deux autres. Ni le nom de Cupich ni celui de Tobin ne figurait parmi ceux présentés par la nonciature pour Chicago et Newark.

L’arrogance ostentatoire et l’effronterie de Cupich pour nier ce qui est désormais évident pour tous ne peut échapper : à savoir que 80% des sévices connus ont été commis au détriment de jeunes adultes par des homosexuels qui avaient un rapport d’autorité avec leurs victimes.

Dans le discours qu’il fit à la presse lors de la prise de possession du siège de Chicago, où j’étais présent comme représentant du pape, Cupich dit, comme un trait d’esprit, qu’il ne fallait pas attendre du nouvel archevêque qu’il marchât sur les eaux. On pourrait s’en accommoder s’il pouvait garder les pieds sur terre, au lieu de tenter de subvertir la réalité, aveuglé par son idéologie pro-gay [pro-homosexuelle], comme il l’ a affirmé dans un entretien récent à la revue America. Se targuant de sa compétence particulière en la matière pour avoir été président du Committee on Protection of Children and Young People [Comité pour la protection des enfants et des jeunes gens] de la USCCB [United States Conference of Catholic Bishops, Conférence des évêques catholiques des États-Unis], il affirma que le problème principal dans la crise des sévices sexuels commis par des clercs n’était pas l’homosexualité, laquelle, selon lui, n’était qu’un moyen de détourner l’attention du véritable problème, qui était le cléricalisme. Pour étayer sa thèse, Cupich a fait « étrangement » référence aux résultats d’une recherche faite au sommet de la crise des sévices sexuels sur des mineurs au début des années 2000, tout en ignorant « innocemment » que les résultats de cette enquête furent totalement démentis par les rapports indépendants successifs du John Jay College of Crimininal Justice [Collège John Jay de justice pénale] de 2004 et de 2011, qui concluaient que dans les cas de sévices sexuels 81% des victimes étaient masculines. De fait, le père Hans Zollner, S.J., vice-recteur de l’université pontificale grégorienne, président du Centre for Child Protection [Centre pour la protection de l’enfance], membre de la commission pontificale pour la protection des mineurs, a déclaré récemment au journal La Stampa : « Dans la majorité des cas, il s’agit de sévices homosexuels ».

De même, la nomination postérieure de McElroy à San Diego fut pilotée d’en haut par un ordre péremptoire crypté que je reçus du cardinal Parolin en tant que nonce. « Réservez le siège de San Diego à McElroy. » McElroy était lui aussi bien au courant des sévices commis par McCarrick en raison de la lettre que lui avait envoyée Richard Sipe le 28 juillet 2016.

A ces personnages sont liés étroitement des individus appartenant notamment à l’aile dévoyée de la Compagnie de Jésus, malheureusement majoritaire aujourd’hui, qui était déjà un sujet de grave préoccupation pour Paul VI[25] et pour les pontifes suivants. Il suffit de penser au père Robert Drinan, S.J.[26], élu quatre fois à la chambre des représentants, soutien acharné de l’avortement, ou au père Vincent O’Keefe, S.J., un des principaux promoteurs du document The Land O’ Lakes Statement [Déclaration de Land O’ Lakes][27] de 1967, qui a gravement compromis l’identité catholique des universités et des établissements supérieurs des États-Unis. Il est à noter que là encore McCarrick, alors président de l’université catholique de Porto-Rico, a participé à cette entreprise infâme, si délétère pour la formation de la conscience de la jeunesse américaine, étroitement associé qu’il était à cette aile dévoyée des jésuites.

Le père James Martin, S.J., dont les personnages susmentionnés font l’éloge, en particulier Cupich, Tobin, Farrell et McElroy, nommé conseiller du dicastère pour la communication, activiste notoire qui promeut le programme LGBT[28], choisi pour corrompre les jeunes qui doivent se recueillir prochainement à Dublin pour la rencontre mondiale des familles, n’est qu’un triste exemple récent de cette aile dévoyée de la Compagnie de Jésus.

Le pape François a demandé à plusieurs reprises une transparence totale dans l’Église et que les évêques et les fidèles agissent avec parresia [franchise]. Les fidèles du monde entier lui demandent également d’en faire preuve de manière exemplaire. Qu’il dise depuis quand il est au courant des crimes commis par McCarrick, qui abusait de son autorité sur les séminaristes et les prêtres !

En tout cas, le pape l’a su de moi le 23 juin 2013 et il a continué à le protéger, n’a pas tenu compte des sanctions que le pape Benoît lui avait infligées et en a fait, avec Maradiaga, son fidèle conseiller.

Ce dernier se sent si assuré de la protection du pape qu’il peut mépriser comme des « ragots » les appels sincères de dizaines de ses séminaristes, qui ont trouvé le courage  de lui écrire après qu’un des leurs eut tenté de se suicider en raison de sévices sexuels commis dans le séminaire.

Désormais, les fidèles ont bien compris la stratégie de Maradiaga : insulter les victimes pour se sauver lui-même, mentir à outrance pour couvrir un abîme d’abus de pouvoir, de mauvaise gestion dans l’administration des biens de l’Eglise, de désastres financiers aux dépens même de ses amis intimes, comme dans le cas de l’ambassadeur du Honduras Alejandro Valladares, qui fut doyen du corps diplomatique auprès du Saint-Siège.

Dans le cas de l’ancien évêque auxiliaire Juan José Pineda, à la suite de l’article paru dans l’hebdomadaire L’Express en février dernier, Maradiaga a déclaré au journal Avvenire : « C’était à mon évêque auxiliaire Pineda de demander rectification, en vue de “nettoyer” sa réputation après toutes les calomnies dont il avait été l’objet. » Aujourd’hui, tout ce que l’on a rendu public sur Pineda, c’est que sa démission avait été acceptée, faisant ainsi litière de son éventuelle responsabilité, comme de celle de Maradiaga[29].

Au nom de la transparence tant proclamée par le pape, il faut publier le rapport que l’inspecteur, l’évêque argentin Alcides Casaretto, a transmis depuis plus d’un an directement au pape et seulement à lui.

Enfin, la récente nomination de l’archevêque Edgar Peña Parra comme substitut a un lien avec le Honduras, c’est-à-dire avec Maradiaga. De fait, Peña Parra a été en service de 2003 à 2007 à la nonciature de Tegucigalpa en qualité de conseiller. Comme délégué pour les représentations pontificales, j’avais reçu des informations préoccupantes à son sujet.

Un scandale énorme comme celui du Chili est prêt à se répéter au Honduras. Le pape défend à outrance son homme de confiance, le cardinal Rodriguez Maradiaga, comme il l’a fait au Chili pour l’évêque Juan de la Cruz Barros – qu’il avait lui-même nommé évêque d’Osorno contre l’avis des évêques chiliens. Dans un premier temps, il a insulté les victimes des sévices, puis, quand il y a été forcé par le tollé des media, la révolte des victimes et des fidèles chiliens, il a reconnu son erreur et présenté des excuses, tout en expliquant avoir été mal informé, créant une situation désastreuse pour l’Église du Chili, mais continuant à protéger les deux cardinaux Errázuriz et Ezzati.

Dans la triste histoire de McCarrick aussi, le comportement du pape François n’est pas différent. Il savait au moins depuis le 23 juin 2013 que McCarrick était un prédateur en série. Tout en sachant qu’il s’agissait d’un homme corrompu, il l’a protégé jusqu’au bout, faisant siens ses conseils, que l’on imagine difficilement animés de saines intentions et d’amour pour l’Église. Et c’est seulement quand il y a été contraint par la plainte d’une victime mineure, et toujours en fonction de l’approbation des media, qu’il a pris des mesures contre celui-ci afin de sauver son image médiatique.

Il y a aujourd’hui aux États-Unis un chœur qui enfle, composé surtout de fidèles laïcs, mais auxquels se sont joints récemment des évêques et des prêtres, qui demande à tous ceux qui ont couvert par leur silence le comportement criminel de McCarrick – ou qui l’ont utilisé pour faire carrière et promouvoir leurs projets, leurs ambitions et leur pouvoir dans l’Église – de se démettre.

Toutefois, cela ne suffira pas à assainir la situation issue des très graves comportements immoraux du clergé, des évêques et des prêtres. Il faut proclamer un temps de conversion et de pénitence. La vertu de chasteté doit être restaurée dans le clergé et dans les séminaires. Il faut lutter contre la corruption qui résulte de l’emploi incorrect des ressources de l’Église et des offrandes des fidèles. La gravité du comportement homosexuel doit être dénoncée. Il faut éradiquer les réseaux d’homosexuels existant dans l’Église, comme l’a écrit récemment Janet Smith, professeur de théologie morale au Sacred Heart Major Seminary [grand séminaire du Sacré-Cœur] de Détroit. « Le problème des sévices sexuels du clergé, écrivait-elle, ne peut pas se résoudre simplement par la démission de certains évêques et encore moins par de nouvelles directives bureaucratiques. Le cœur du problème réside dans les réseaux homosexuels du clergé, qui doivent être éradiqués. » Ces réseaux d’homosexuels, désormais répandus dans de nombreux diocèses, séminaires, ordres religieux, etc., agissent sous le couvert du secret et du mensonge avec la puissance des tentacules d’une pieuvre, écrasent les victimes innocentes, les vocations sacerdotales, et étranglent toute l’Église.

J’implore tous, en particulier les évêques, de briser le silence pour vaincre cette culture de l’omertà généralisée, de dénoncer aux media et aux autorités civiles les cas de sévices dont ils ont connaissance.

Ecoutons le message le plus fort que nous a laissé en héritage saint Jean-Paul II : n’ayez pas peur ! N’ayez pas peur !

Le pape Benoît, dans l’homélie de l’Epiphanie de 2018, nous a rappelé que le dessein de salut du Père s’était pleinement révélé et réalisé dans le mystère de la mort et de la résurrection du Christ, mais qu’il fallait accepter l’histoire humaine, qui reste toujours l’histoire de la fidélité de la part de Dieu et malheureusement aussi de l’infidélité de la part de nous les hommes. L’Église, dépositaire de la bénédiction de la Nouvelle Alliance, signée dans le sang de l’Agneau, est sainte, mais composée de pécheurs, comme l’écrivait saint Ambroise : l’Église est « immaculata ex maculatis » [sans souillure, faite avec des êtres souillés], elle est sainte et sans tache tout en étant composée dans son parcours terrestre d’hommes souillés par le péché.

Je veux rappeler cette vérité sans faille de la sainteté de l’Église à tous ceux qui ont été si profondément scandalisés par le comportement abominable et sacrilège de l’ancien archevêque de Washington, Theodore McCarrick, par la conduite grave, déconcertante et pécheresse du pape François et par le silence de tant de pasteurs, qu’ils sont tentés de quitter l’Église défigurée par tant d’ignominies.

Le pape François, le dimanche 12 août 2018, prononça ces mots lors de l’angélus : « Chacun est coupable du bien qu’il pouvait faire et qu’il n’a pas fait… Si nous ne nous opposons pas au mal, nous l’alimentons de façon tacite. Il est nécessaire d’intervenir là où le mal se diffuse parce que le mal se diffuse là où il manque des chrétiens audacieux qui s’y opposent par le bien. » Si cela doit être considéré à juste titre comme une responsabilité morale sérieuse pour chaque fidèle, combien plus cela l’est-il pour le pasteur suprême de l’Église qui, dans le cas de McCarrick, non seulement ne s’est pas opposé au mal, mais s’est associé à celui qu’il savait être profondément corrompu, a suivi les conseils de celui qu’il savait être un pervers, multipliant ainsi de manière exponentielle par son autorité suprême le mal commis par McCarrick ! Et combien d’autres mauvais pasteurs François continue-t-il de soutenir dans leur action de destruction de l’Église !

François est en train d’abdiquer le mandat que le Christ a donné à Pierre de confirmer ses frères. Au contraire, par son action, il les a divisés, il les induit en erreur et encourage les loups à continuer de déchirer les brebis du troupeau du Christ.

En ce moment extrêmement dramatique pour l’Église universelle, il convient que le pape François reconnaisse ses erreurs et, conformément au principe revendiqué de tolérance zéro, soit le premier à donner le bon exemple aux cardinaux et aux évêques qui ont couvert les sévices de McCarrick et se démette en même temps qu’eux tous.[30]

Malgré le désarroi et la tristesse due à l’énormité de ce qui est arrivé, nous ne perdons pas l’espérance ! Nous savons bien que la grande majorité de nos pasteurs vivent avec fidélité et dévouement leur vocation sacerdotale.

C’est dans les moments de grande tribulation que la grâce du Seigneur se révèle surabondante et met sa miséricorde sans limites à la disposition de tous. Mais elle n’est accordée qu’à ceux qui se repentent vraiment et ont le propos sincère de s’amender. Le moment est venu pour l’Église de confesser ses péchés, de se convertir et de faire pénitence.

Prions tous pour l’Église et pour le pape, rappelons-nous combien de fois il nous a demandé de prier pour lui !
Renouvelons tous notre foi dans l’Église notre mère : « Je crois en l’Église, une, sainte, catholique et apostolique ! »
Le Christ n’abandonnera jamais son Église ! Il l’a engendrée dans Son Sang et la ranime continuellement par Son Esprit !
Marie, Mère de l’Église, priez pour nous !
Vierge Marie Reine, Mère du Roi de gloire, priez pour nous !

Rome, le 22 août 2018
en la fête de la Bienheureuse Vierge Marie Reine

[1] Traduction intégrale du texte original en italien daté du 22 août 2018, publié le 25 août. La présente traduction complète et corrige la traduction partielle, et parfois euphémistique, publiée par L’Homme nouveau le 26 août 2018 (ces “morceaux choisis” représentaient la moitié du texte). Toutes les notes, ainsi que les passages entre crochets, ont été ajoutées à la traduction. Celle-ci est aussi fidèle que possible, mais nous nous sommes permis de mettre en gras certains passages de ce texte historique qui nous ont paru essentiels, bien qu’ils ne le fussent pas dans l’original.

Archevêque titulaire d’Ulpiana depuis 1992, Mgr Viganò est donc archevêque in partibus, c’est-à-dire sans fonction territoriale, puisque le diocèse de la ville antique d’Ulpiana, située dans le Kossovo actuel, n’existe plus.

[2] Le nonce apostolique, ou absolument le nonce, est l’ambassadeur de l’Etat du Vatican auprès d’un Etat étranger.

[3] La curie romaine, ou absolument la curie, désigne l’ensemble des administrations pontificales sises à Rome qui assurent le gouvernement de l’Eglise catholique sous l’autorité du pape.

[4] Jean-Paul II fut pape de 1978 à 2005.

[5]  Le cardinal Joseph Ratzinger, alors préfet de la congrégation pour la doctrine de la foi, fut élu pape en 2005 et pris le nom de Benoît XVI. Il renonça à sa charge en 2013.

[6] Le secrétaire d’Etat est le plus haut responsable de la curie romaine et le principal collaborateur du pape dans le gouvernement de l’Eglise.

[7] Faut-il s’interroger sur les circonstances de leur mort ? Mgr Viganò ne le précise pas.

[8] O.P. pour Ordo Prædicatorum, Ordre des prêcheurs : désigne un dominicain.

[9] Saint Pierre Damien (1007-1072), docteur de l’Eglise, auteur du Livre de Gomorrhe (1051), où il demandait que les prêtres homosexuels fussent chassés de l’Église. Selon Jean-Louis Harouel, une “camarilla homosexuelle régnait sur certaines parties importantes de l’Eglise de France aux XIe et XIIe siècles” (Droite-gauche, ce n’est pas fini, Desclée de Brouwer, 2017, page 107).

[10] Saint Léon IX, pape de 1048 à 1054.

[11] Voir note 7 ci-dessus.

[12] Le père Marcial Maciel Degollado (1920-2008), prêtre mexicain, fondateur des Légionnaires du Christ, avait une vie incroyablement scandaleuse : alcoolisme, drogue, pédophilie, subornation de séminaristes, liaison avec une femme dont il eut un enfant, double vie avec fausse identité, gestion malhonnête de biens mal acquis, et il avait si peu la foi qu’il refusa l’extrême onction sur son lit de mort. Il était proche du pape Jean-Paul II, qui l’a toujours protégé, et ce n’est qu’en 2006, sous le pontificat de Benoît XVI, qu’il dut se retirer de la vie publique, tout en échappant à un procès canonique.

[13] Mgr Viganò laisse ici entendre que certains membres de la curie étaient corrompus et que McCarrick aurait pu leur donner des pots-de-vin.

[14] En français dans le texte.

[15] C’est à la résidence Sainte-Marthe, située au Vatican, que sont logés les visiteurs du Saint-Siège. Le pape François a délaissé les appartement pontificaux pour s’y installer.

[16] En août 2018, le cardinal Donald Wuerl a été accusé par un grand jury de Pennsylvanie d’avoir couvert des centaines d’actes pédophiles commis par des prêtres de son diocèse alors qu’il était évêque de Pittsburgh, entre 1988 et 2006.

[17] L’université de Georgetown est une université catholique créée par les jésuites et située à Washington.

[18] D.C. pour District of Columbia, district de Columbia. Washington D.C. est la capitale fédérale des États-Unis d’Amérique. On précise “D.C.” pour éviter la confusion avec l’Etat de Washington.

[19] “Le cardinal Kevin Farrell est aujourd’hui à la tête du dicastère romain pour les familles, les laïcs et la vie. C’est lui qui a invité le jésuite James Martin, militant homosexuel, à témoigner lors de la rencontre mondiale des familles à Dublin en cette fin de semaine [25 et 26 août 2018]. Mgr Farrell a été l’un des évêques auxiliaires de Mgr McCarrick à Washington de 2001 à 2006…” (note de L’Homme nouveau). [Un dicastère est une subdivision de la curie romaine.] Voir page 13.

[20] Il fait partie du conseil des cardinaux créé par le pape François, le “C9″, qui constitue sa “garde rapprochée” et qui comprend aujourd’hui (30 septembre 2018) neuf membres : Giuseppe Bertello, Francisco Javier Errázuriz Ossa, Oswald Gracias, Reinhard Marx, Laurent Monsengwo Pasinya, Sean O’Malley, George Pell, Óscar Andrés Rodríguez Maradiaga, Pietro Parolin. Le cardinal Pell est accusé par la justice australienne d’avoir commis des actes pédophiles et d’avoir protégé des prêtres pédophiles. Les cardinaux Errázuriz, O’Malley, Maradiaga et Parolin sont cités ici par Mgr Viganò.

[21] Le cardinal argentin Jorge Mario Bergoglio, archevêque de Buenos-Aires, a été élu pape le 13 mars 2013 et a pris le nom de François.

[22] Benoît XVI a été élu pape le 19 avril 2005.

[23] Il s’agit de Charles Chaput, archevêque de Philadelphie depuis 2011.

[24] “Voir un article du National Catholic Reporter du 21 juin 2014 expliquant qu’à 84 ans le cardinal globetrotter [grand voyageur] Mc Carrick travaille plus dur que jamais…” (note de L’Homme nouveau).

[25] Paul VI fut pape de 1963 à 1978.

[26] S.J., pour Societas Jesu, Compagnie de Jésus : désigne un jésuite.

[27] Village de l’Etat du Wisconsin aux États-Unis.

[28] Lesbiennes, gays (homosexuels masculins), bisexuels et transgenres.

[29] Communiqué du Vatican le 20 juillet 2018. Mgr Juan José Pineda Fasquelle, évêque auxiliaire de Tegucigalpa (Honduras), proche collaborateur du cardinal Óscar Andrés Rodríguez Maradiaga, archevêque de Tegucigalpa, a été accusé d’avoir tenté de suborner des séminaristes.

[30] Dans une lettre publiée en anglais sur le site LifeSiteNews le 27 septembre 2018 et postdatée du 29 septembre, Mgr Viganò confirme ses accusations, un mois après son témoignage, en déplorant que le pape n’ait pas voulu y répondre, mais qu’il ait pris le parti de le calomnier, et en rappelant les fautes déjà commises par le futur pape François alors qu’il était archevêque de Buenos-Aires :

De plus, la protection accordée à McCarrick par le pape ne fut manifestement pas une erreur isolée. De nombreux autres cas exposés récemment dans la presse montrent que le pape François avait défendu des clercs homosexuels qui avaient commis de graves sévices sexuels sur des mineurs ou des adultes. Cela concerne notamment son rôle dans l’affaire du père Julio Grassi de Buenos-Aires, la réintégration du père Mauro Inzoli après que le pape Benoît l’eut révoqué du ministère (jusqu’à ce que ce prêtre allât en prison, à la suite de quoi le pape François le réduisit à l’état laïc) et l’arrêt de l’enquête sur les allégations de sévices sexuels portées contre le cardinal Cormac Murphy O’Connor.

 

Radio Courtoisie : la censure de Paoli n’est plus tolérable, par Raphaël Jodeau

Lettre à Dominique Paoli 

Madame,

Il y a deux ans j’ai reçu un appel de Monsieur de Lesquen pour me demander de bien vouloir reprendre une émission sur Radio courtoisie.
Ayant eu la garantie d’avoir une liberté de ton et d’action dans le cadre de mon émission, j’ai accepté.

Depuis, je tiens le Libre Journal des Insoumis sans défaillance tous les quatre mardis. J’ai souhaité donner à mon émission un ton original consistant à aborder des thèmes sérieux sans se prendre au sérieux. Pour ce faire, j’ai fait appel à « Jef », un professionnel qui a travaillé pendant vingt ans avec des personnalités aussi reconnues que Philippe Bouvard, Laurent Ruquier, Anne Roumanoff, etc.
Même si l’on ne peut satisfaire tout le monde, nous savons que cette émission est un succès, ne serait-ce qu’au vu des nombreux messages qui nous parviennent tout au long des émissions, ainsi que des encouragements à poursuivre provenant des auditeurs et adhérents.

Par ailleurs, j’ai toujours refusé de prendre parti dans les querelles récentes de Radio Courtoisie. Au bout de 21 ans d’engagement corps et âme dans de nombreuses activités associatives, ce type de déchirement stérile m’a toujours paru l’expression d’un milieu où se confrontent naturellement des opinions libres et des personnalités fortes.
Ne vous connaissant ni vous, ni Monsieur de Lesquen, et ayant été à de nombreuses reprises particulièrement écoeuré par les coups bas de ce petit milieu aux visées de conquérant et aux manoeuvres de perdant, je ne me sens pas l’âme d’un enfant de divorcé mais plutôt celle d’un observateur assez détaché.

Cependant autre chose me préoccupe.

A plusieurs reprises, vous avez jugé bon de censurer certains propos tenus dans mon émission. D’abord une de mes critiques sur le film 120 battements par minute, qui me valut un recommandé avec menace d’annulation de mon émission puis, je viens de l’apprendre, deux nouvelles censures de propos tenus par Jef dans ma précédente émission, et ce sans m’en avoir averti.

Que certains traits d’humour vous paraissent de mauvais goût me semble tout naturel et même assez inévitable. Il est bien normal que les blagues soient très inégales et que certaines puissent déranger.
Je comprends également que vous soyez très inquiète des récentes condamnations supportées par le CSA.
Cependant, comme j’ai déjà eu l’occasion de vous le dire, nos propos ne tombent pas sous le coup de la loi et, d’ailleurs, le CSA n’en a à ma connaissance jamais fait reproche.

Je trouve votre attitude inquiétante pour au moins deux raisons :
– la première c’est que l’auto-censure paniquée est exactement ce qu’attendent nos adversaires. En la pratiquant ainsi, Radio Courtoisie perdra son caractère et se rangera aux côtés des radios au contenu aspetisé, pour ne déranger plus personne.
Soit il faut accepter de prendre les coups des premières lignes de combattants, soit il faut se résigner à se réfugier sur le web, là où la censure est nécessairement plus ardue mais, aussi, où le public est plus difficile à toucher.
– la deuxième me frappe plus directement. En me censurant, vous faites implicitement passer le message que je dirige une émission au contenu homophobe ou raciste (à quand l’antisémitisme ?), ce qui me stigmatise tout particulièrement alors que mes valeurs catholiques m’empêchent strictement d’adhérer à ces idéologies en vogue.

Alors que je pensais donner libre cours à mon esprit mousquetaire, je réalise aujourd’hui que Radio Courtoisie n’est plus pour moi une tribune où il est possible de s’ « empanacher d’indépendance et de franchise ».
En conséquence, je dois avoir l’honnêteté intellectuelle d’arrêter mon émission tant que ces problèmes n’auront pas été résolus, plutôt que de baisser la voix en utilisant la radio comme une tribune pour mes activités comme un opportuniste de seconde zone.

Je ne me présenterai pas à l’antenne demain, et vous saurais gré de bien vouloir y diffuser une archive, comme c’est la coutume en pareil cas me semble-t-il.
Si je ne devais pas revenir, je remercie tous ceux qui ont permis cette magnifique aventure, des techniciens jusqu’aux petites mains qui ont inlassablement noté les messages pendant les émissions, en remerciant chaleureusement les auditeurs qui nous ont soutenus et encouragés jusqu’à présent.

Je vous prie d’agréer, Madame, l’expression de ma respectueuse salutation.

Raphaël Jodeau

Radio Courtoisie : Dominique Paoli doit partir, par Joëlle Baechler

Lettre ouverte à Dominique Paoli sur l’avenir de Radio Courtoisie

 

Madame,

La décision de justice qui a annulé le conseil d’administration de Radio Courtoisie élu le 1er juillet 2017 et qui a destitué la direction de Radio Courtoisie nous donne l’occasion de reprendre notre souffle après les polémiques et la campagne de dénigrement “anti-Lesquen” qui ont marqué les huit derniers mois, et de poser avec plus de sérénité les questions essentielles sur l’avenir de notre radio, en commençant par le choix de sa future direction.

Vous avez trahi Henry de Lesquen, qui avait incarné Radio Courtoisie pendant onze ans, afin de prendre sa place. En aviez-vous le droit ? Aviez-vous la capacité d’exercer ses fonctions ? Après le jugement du 6 mars 2018 qui vous a destituée, est-il admissible que vous tentiez de reprendre ce poste, au risque de tuer la radio ?

Non, vous n’en aviez pas le droit ! Henry de Lesquen avait sauvé Radio Courtoisie. Il l’avait dirigée bénévolement pendant onze ans avec dévouement et compétence. Pour elle, il avait sacrifié sa vie familiale et sa vie professionnelle. Et il était le seul à avoir les qualités nécessaires pour lui permettre d’affronter victorieusement dans l’avenir les nouvelles épreuves que lui infligent ses ennemis et pour continuer à la développer en accroissant son rayonnement.

Henry vous avait fait confiance. Contrairement à ce que vous avez affirmé, vous n’étiez pas membre du conseil d’administration de la radio à la mort de son fondateur Jean Ferré en 2006. C’est Henry qui vous y a fait entrer en 2007. C’est lui qui vous a fait élire secrétaire général et qui vous a nommée déléguée du président aux questions éditoriales. Pendant toutes ces années, et jusqu’à la veille du putsch du 1er juillet 2017, vous n’avez cessé de lui témoigner des marques d’allégeance et d’amitié. Hélas !

Vous n’avez de cesse de vous réclamer de Jean Ferré, qui a fondé Radio Courtoisie en 1987 avec Serge de Beketch et qui l’a dirigée jusqu’à sa mort en 2006, et vous escamotez les onze dernières années où Henry de Lesquen l’a dirigée après lui. Vous oubliez un point essentiel : alors que vous étiez proche de Jean Ferré et que vous espériez sans doute lui succéder, c’est Henry que celui-ci a choisi et non pas vous.

Jean Ferré vous connaissait bien. La suite a montré qu’il ne s’était pas trompé. Il n’avait pas voulu que vous participiez au conseil d’administration. Il n’avait même pas voulu vous donner une émission à part entière. Il vous avait simplement nommée aux côtés d’Anne Collin pour une émission du matin.

Tous ceux qui ont le courage de vous écouter dans le libre journal du lundi soir depuis que vous y avez remplacé Henry mesurent combien Ferré avait eu raison. Vous n’avez pas la capacité de diriger cette émission essentielle, qui est celle du président de la radio. Vous avez le plus grand mal en général à tenir trois heures. J’ai été pendant cinq ans l’assistante d’Henry. Je suis donc bien placée pour faire la comparaison. Comment avez-vous pu avoir la prétention de prendre sa place ?

A un certain âge, il est ridicule d’étaler ses diplômes… surtout quand on n’en a que très peu ! Dans la lettre que vous avez adressée aux auditeurs en septembre, vous écriviez que vous étiez bachelière et que vous aviez fait des études à la Sorbonne. Ainsi, vous n’avez que le bac. Henry de Lesquen a lui aussi le bac. Mais il est également polytechnicien, ancien élève de l’ENA, licencié ès sciences économiques, et il a été maître de conférences d’économie à Sciences Po pendant sept ans. Vous n’avez pas tout à fait les mêmes titres universitaires.

Dans la même lettre, où vous consacrez une page entière à faire votre auto-promotion, vous vous gardez de dire que vous avez fait toute votre carrière comme journaliste à “Point de vue et Images du monde”, où, comme l’a écrit Henry en juillet, vous aviez pour mission de parler des familles royales d’hier et d’aujourd’hui, ce qui vous a permis de vous présenter comme historienne.

Henry de Lesquen, quant à lui, a fait carrière dans la haute administration, il a été l’un des fondateurs du Club de l’Horloge, qu’il préside depuis 1985, il a écrit une vingtaine d’essais politiques. A Radio Courtoisie, il a dirigé le libre journal des idées politiques de 2003 à 2006, puis, toutes les semaines, le libre journal du lundi soir de 2006 à 2017. Ses idées rencontrent aujourd’hui un écho extraordinaire auprès des jeunes, comme on l’a vu à la fête de la Courtoisie le 25 juin 2017.

Non, vous n’étiez pas en capacité de remplacer Henry de Lesquen ! Radio Courtoisie se portait fort bien le 1er juillet 2017, comme Henry l’a démontré dans les mises au point qu’il a adressées aux patrons d’émission au cours des semaines qui ont suivi. Depuis lors, en quelques mois, de nombreux auditeurs ont fui, découragés, la radio a perdu la diffusion par satellite et risque de perdre en décembre la diffusion par modulation de fréquence en province à défaut d’une action vigoureuse pour la conserver. Henry n’est pas responsable de la descente aux enfers que la radio connaît depuis son éviction.

Après vous être emparée par surprise de la radio le 1er juillet 2017, vous n’avez cessé, vous et Jean-Noël Audibert, de déverser sur Henry, à l’antenne ou dans vos lettres, un torrent de calomnies pour tenter de lui faire porter la responsabilité de vos échecs. Cette attitude est inadmissible. Il est évident en outre que la polémique permanente que vous entretenez ne peut que porter tort à la radio en troublant les auditeurs.

J’ai été stupéfaite d’entendre les insinuations calomnieuses et diffamatoires que vous et Jean-Noël Audibert avez distillées à de multiples reprises à l’égard d’Henry de Lesquen. Nul n’ignore qu’Henry est parfaitement intègre. Nul n’ignore qu’il a dirigé bénévolement Radio Courtoisie pendant onze ans. Et s’il avait fait preuve d’incurie, comme vous avez osé le prétendre, la radio n’existerait plus depuis longtemps.

A cet égard, la note que vous avez publiée après votre destitution le 6 mars dernier était incroyable. S’il y a eu des irrégularités dans l’assemblée générale du 1er juillet 2017, vous en êtes responsable au premier chef, puisque vous étiez secrétaire général de l’association et donc chargée de veiller à la régularité des procédures. Du reste, j’ai cru comprendre que vous aviez défendu devant le tribunal la parfaite régularité de l’assemblée générale. Et c’est vous que le tribunal a condamnée à 3.000 euros et non pas Henry.

Plus grave encore, vous avez porté atteinte à la liberté de pensée de la radio et à l’indépendance des patrons d’émission. Henry avait toujours veillé à ce qu’elles soient scrupuleusement respectées. Je lui en suis pour ma part très reconnaissante. Mais vous, vous avez chassé Martin Peltier du libre journal de la résistance française sans aucun motif légitime. Vous avez fait la police du langage pour imposer à tous un discours aseptisé. Serge de Beketch a dû s’en retourner dans sa tombe…

Vous accusez Henry d’être trop à droite… Accusation invraisemblable quand on connaît l’histoire de Radio Courtoisie. Henry a rappelé en juillet que les deux fondateurs de Radio Courtoisie, Jean Ferré et Serge de Beketch, étaient bien plus à droite que lui. Jean Ferré avait été dans l’OAS et avait passé dix ans d’exil dans l’Espagne de Franco. Henry aurait pu ajouter que Ferré était maurrassien, alors que lui se définit comme démocrate et républicain. Quant à Serge de Beketch, il était difficile d’être plus radical que lui. La radio a d’ailleurs été condamnée plusieurs fois en raison de ses émissions, notamment parce qu’il avait reçu le professeur Faurisson.

Le CSA avait engagé une procédure de sanction administrative contre la radio parce que, dans le libre journal d’Henry de Lesquen, son invité, le journaliste François Foucart, avait déclaré en 2016, réagissant à l’affreux attentat islamiste de Karachi qui avait tué des dizaines de femmes et d’enfants chrétiens le jour de Pâques : “L’islam est une religion de haine.” Vous auriez dû, comme je l’ai été, être scandalisée par l’attitude liberticide du CSA et vous montrer solidaire d’Henry. Au lieu de cela, vous vous en êtes servie honteusement pour tenter de l’accabler. Et vous avez si mal défendu les intérêts de la radio que celle-ci a été condamnée à l’amende maximum, en dépit de la suppression de l’émission d’Henry.

Nous devons nous battre pour garder le droit de critiquer l’islam et l’immigration à l’antenne. Radio Courtoisie est une radio de droite ! Elle l’a toujours été et c’est ce qui fait son identité. Le procès que vous avez fait à Henry est précisément celui qui avait été fait à Jean Ferré et Serge de Beketch du temps de Radio Solidarité et qui les a conduits à créer Radio Courtoisie.

Ainsi, vous trahissez Jean Ferré quand vous vous en réclamez, de même que vous avez trahi Henry.

Non, à 77 ans, il n’est pas admissible que vous tentiez de reprendre le mandat que vous avez été incapable d’exercer pendant les quelques mois où vous avez été aux commandes. Renoncez à votre candidature et ralliez-vous à la seule qui soit concevable, celle d’Henry. Seul Henry de Lesquen a la légitimité, l’autorité, la compétence, le courage et l’énergie de reprendre la tête de Radio Courtoisie, comme il l’a fait bénévolement pendant onze ans.

C’est Henry qui a fait le nouveau site Internet, lequel était prêt avant son éviction. Je sais qu’il a l’ambition d’élargir considérablement le public de notre radio, qui doit s’adresser à tous les âges. Il a la capacité d’en faire aussi la radio de la jeunesse.

Les ennemis de la radio veulent la tuer ou au moins la normaliser, ce qui reviendrait au même. Henry a la force morale de résister à la pression du politiquement correct. Radio Courtoisie doit redevenir la radio de la liberté de pensée dans le respect de l’indépendance de ses patrons d’émission.

Radio Courtoisie est en danger. Avec vous et Jean-Noël Audibert, elle continuerait à se racornir, à se rétrécir ; elle prendrait le chemin du déclin, du vieillissement et de la mort. Avec Henry de Lesquen, elle redeviendra la radio du pays réel au service de la France et sera le plus bel instrument de la résistance française.

Recevez, Madame, mes salutations distinguées.

Joëlle Baechler
patronne d’émission de Radio Courtoisie

Hitler était socialiste

Hitler était socialiste

 

L’homme politique allemand Adolphe Hitler (1889-1945), né autrichien, était socialiste. Il était le chef du NSDAP, parti socialiste-national des ouvriers allemands (“National-Sozialistische Deutsche Arbeiterpartei”). Il faut traduire national-sozialistische par “socialiste-national” et non par “national-socialiste” comme on le fait presque toujours à tort, puisque l’ordre des mots n’est pas le même en français qu’en allemand. Ainsi, Hitler et son parti étaient socialistes avant d’être “nationaux” ou nationalistes.
“Nazi” est une abréviation péjorative forgée par les adversaires de Hitler et rejetée par ses partisans pour NAtional-SoZIalistische. (On a eu l’astuce de prendre la deuxième syllabe du second mot, “zi”, et non la première, “so”, comme il eût été normal, parce que “naso” aurait été trop transparent et que l’on aurait deviné sozialistische ou socialiste dans cette abréviation…). L’usage quasi exclusif du mot “nazi” sert à dissimuler la nature socialiste du régime hitlérien ; il relève de la désinformation et de la propagande.
Hitler déclara en 1934 : “Le socialisme-national emprunte le socialisme vital et créateur aux enseignements du marxisme.” Socialiste, Hitler n’était évidemment pas de droite, encore moins d’extrême droite ! Hitler était un homme de gauche.

Socialiste, le mouvement hitlérien était aussi par là-même égalitariste, étatiste, collectiviste et révolutionnaire.
Socialiste, il a fait une politique de dépenses publiques et de redistribution des revenus.
Egalitariste, il a sapé les hiérarchies traditionnelles afin de réaliser une “société sans classes” où tous les Allemands devaient devenir des “camarades”.
Etatiste, il a établi une économie dirigée où la liberté d’entreprise avait disparu.
Collectiviste, il a aboli les libertés fondamentales et embrigadé la jeunesse.
Révolutionnaire, il s’est attaqué à la famille, à la religion et à la tradition. Il ne se référait à la tradition indo-européenne (autrement dit arya ou aryenne), sous le signe du svastika ou croix gammée, que pour rejeter la tradition chrétienne de l’Allemagne et de l’Occident.
Comme celle de Marx, l’idéologie de Hitler était un messianisme millénariste qui voulait construire une société parfaite (le “Reich de mille ans”) sur les ruines de l’ancienne.

Le régime hitlérien est dit “totalitaire”. Au même titre que “nazi”, le mot est employé pour dissimuler le fait qu’il était socialiste et collectiviste. La notion de totalitarisme avait été conçue à l’origine par le philosophe italien Gentile pour qualifier la société selon lui idéale que l’Etat aurait investie en totalité, en sorte que l’individu n’aurait plus existé que par et pour l’Etat. Mussolini l’avait adoptée pour faire l’apologie du régime fasciste, qui devait réaliser l’idéal totalitaire. En réalité, le concept était inutile, puisque le prétendu “totalitarisme” n’était jamais que le socialisme ou collectivisme porté au plus haut degré. Il a pourtant fait florès quand Hannah Arendt l’a repris en mauvaise part après la guerre pour regrouper dans une même catégorie cauchemardesque l’URSS et l’Allemagne hitlérienne tout en escamotant le fait central qu’elles partageaient une même idéologie socialiste.
C’est bien parce qu’elle était socialiste et collectiviste que l’Allemagne hitlérienne ressemblait tant à l’URSS, Union des républiques socialistes soviétiques, au point d’en être structurellement homologue. Certes, le régime hitlérien n’était pas communiste : il n’avait pas aboli la propriété privée des moyens de production. Il était cependant calqué sur celui de l’URSS, qu’il avait pris pour modèle et dont il avait reproduit les grands traits : toute-puissance de l’Etat, dictature du parti unique, conditionnement des masses par la propagande d’Etat, culte du Guide : Hitler en Allemagne (le Führer), comme Staline en URSS (le Vojd).

“Nazi” et “totalitaire” pour ne pas dire socialiste et collectiviste… “extrême droite” pour qualifier (et disqualifier) un parti de gauche : nous baignons dans un flot de mensonges.

Son racisme étant parfaitement réductionniste, le mouvement hitlérien ne pouvait être réellement “national” ou nationaliste, car aucune nation, l’Allemagne pas plus qu’une autre, ne coïncide avec une race (comme la race caucasoïde) ou une sous-race (comme la sous-race nordique de la race caucasoïde). Il était donc en fait européiste : le Troisième Reich était un empire en voie de constitution, non une nation.
De fait, après la guerre, de nombreux responsables ou militants hitlériens se sont reconvertis sans encombre dans la “construction européenne” derrière Walter Hallstein, qui avait été membre de l’Association des juristes socialistes-nationaux et qui fut le premier président de la Commission de la Communauté économique européenne (on l’appelait la Commission Hallstein). Hallstein est considéré comme l’un des “pères de l’Europe”… et l’Union européenne est parfois qualifiée de Quatrième Reich !

Hitler fut l’ennemi de la France, qu’il vainquit en 1940 et qu’il occupa jusqu’en 1944. Belliciste, il mit l’Europe à feu et à sang et il perdit la guerre, entraînant son pays dans la catastrophe.

Un Français vraiment de droite qui fait sienne la doctrine nationale-libérale et qui est donc attaché à la patrie, aux traditions et aux libertés, opposé au socialisme et à l’européisme, ne peut que rejeter l’idéologie socialiste et collectiviste de Hitler, cet homme de gauche, et son entreprise révolutionnaire.

A lire :
Le Club de l’Horloge, Socialisme et fascisme, une même famille ?, Albin Michel, 1984.
David Schoenbaum, La Révolution brune. Une histoire sociale du IIIe Reich (1933-1939), Robert Laffont, 1979 (traduction de Hitler’s Social Revolution, Doubleday, New York, Etats-Unis d’Amérique, 1966).

Décadence vestimentaire : pourquoi nous nous habillons comme des gueux – Par Henry de Lesquen

Décadence vestimentaire : pourquoi nous nous habillons comme des gueux

 

Voici une analyse en 10 points de la décadence vestimentaire, de sa portée et de sa signification. Plus une conclusion pour l’avenir.

 

1. La décadence vestimentaire commence avec la révolution de 1789, portée par les “sans-culottes”. Elle est l’expression de l’égalitarisme marchand qui culmine aujourd’hui dans le cosmopolitisme. La société s’est embourgeoisée avant de se “boboïser” : elle n’a plus de TENUE.

 

2. Loi de Volkoff : le vêtement négligé d’une génération devient le vêtement chic de la génération suivante, avant d’être déchu à son tour comme prétentieux et ringard. Pour les hommes, après le costume à la française, on a eu successivement la redingote, puis le “smoking” ou veste de dîner, puis le costume-cravate, puis la simple veste, puis le chandail, enfin le polo ou le maillot… Aujourd’hui, les milliardaires de l’informatique qui plastronnent à la télévision s’habillent comme des gueux.

 

3. Indifférenciation de la tenue. La femme s’habille comme un homme ; le bourgeois comme un prolétaire ; le p.d.-g. comme son employé ; le bobo comme un clodo. Les jeunes filles de bonne famille mettent des bottes et des mini-jupes comme les putains…
Les ouvriers ne s’endimanchent plus. Les bourgeois portent les mêmes vêtements en toute circonstance et se font un devoir de ne pas se changer quand ils se rendent à une réception.
La fonction souveraine, comme la fonction guerrière, sont déchues : les prêtres ne portent plus la soutane ni les religieuses la cornette ; dans la rue, priés d’être discrets, les militaires sont en civil.

 

4. Indistinction des personnes, qui ne doivent surtout pas se faire remarquer. En conséquence, les couleurs vives ou claires ont disparu des vêtements. Tout est foncé, tout est triste. Grisaille égalitaire. La mode ne chante plus. Le “blue-jean”, pantalon de travail des ouvriers américains, est devenu l’uniforme des Français des deux sexes et de toutes conditions.

 

5. Selon la tradition française et occidentale, la femme peut arborer un décolleté généreux, mais elle doit dissimuler le bas du corps pour éviter de montrer ses cuisses et de mouler ses formes. Aujourd’hui, cet équilibre de la pudeur est rompu jusqu’à l’obscénité et la femme fait d’elle-même un objet de convoitise.

 

6. En abandonnant robes et jupes pour s’affubler du pantalon naguère réservé à l’autre sexe, la femme sacrifie sa féminité tout en exhibant ses formes au regard des hommes. Le cosmopolitisme fait ainsi coup double : il efface la différence sexuelle et abolit la pudeur.

 

7. Nous avons touché le fond. Aujourd’hui, on n’a le droit de se faire remarquer que par un surcroît de vulgarité. Les jeunes filles mettent des “blues-jeans” déchirés, car il leur paraît du dernier chic de s’habiller de guenilles.

 

8. Autrefois, les couturiers habillaient les femmes en les embellissant. Christian Dior voulait “rendre les femmes belles et heureuses”. Equilibre, harmonie, élégance.
Aujourd’hui, la mode féminine devient une variété d’art dégénéré. Elle est faite par des hommes qui ne le sont pas moins. Détestant les femmes, ils les avilissent sciemment en leur donnant une allure d’androgyne et ils utilisent des modèles anorexiques qu’ils transforment en porte-manteaux.

 

9. Le processus de décadence vestimentaire qui se déroule inexorablement depuis plus de deux siècles est la conséquence de l’égalitarisme, qui abhorre la distinction et qui tend à effacer les différences apparentes entre les conditions et les états. La suprématie de la fonction marchande a fait disparaître à nos yeux la fonction souveraine et la fonction guerrière avec les habits qui en étaient le signe. Au stade final où nous sommes, l’égalitarisme prend la forme du cosmopolitisme, qui subvertit radicalement les valeurs dans tous les domaines. Il efface la différence sexuelle et dynamite la tenue parce qu’elle est la manifestation de la pudeur et de l’honneur.

 

10. Dans toute société, l’opposition de la distinction à la vulgarité est l’expression la plus concrète du système de valeurs qui fait son identité. On peut dire qu’elle subsume toutes les valeurs. Sans elle, celles-ci risqueraient de rester des abstractions et des chimères. C’est ainsi que la façon de s’habiller donne à la civilisation sa tenue : il faut donc que la mode, tyrannique par nature, impose ses exigences à tous en obligeant chacun à rivaliser avec les autres pour se distinguer du vulgaire.

 

Conclusion. Il est temps de renverser la tendance. Vive la réaction vestimentaire ! Mesdames, Mesdemoiselles, veuillez remettre de jolies robes… Messieurs, portez la cravate… Voilà un moyen simple et pratique, dans la vie quotidienne, de lutter contre le cosmopolitisme tout en s’attachant à plaire.

 

Henry de Lesquen

Pour en finir avec le « judéo-christianisme » – Par Henry de Lesquen

Pour en finir avec le judéo-christianisme, par Henry de Lesquen

 

Le terme de judéo-christianisme est frelaté.

 

1. A l’époque du Christ, le judaïsme était divisé en de nombreux mouvements ou sectes (terme neutre, au sens de Max Weber). Oublions les zélotes, les esséniens et d’autres encore, qui ont disparu. Trois de ces sectes sont importantes pour nous.
Primo, le judaïsme sacerdotal, celui des scribes et des sadducéens, qui, comme son nom l’indique, reposait sur un corps de prêtres, lesquels pratiquaient le sacrifice au temple de Jérusalem.
Secundo, le judaïsme pharisaïque, celui des pharisiens dont parle l’Évangile. Il était très différent du premier, puisqu’il soutenait qu’il existait une Loi orale, transmise depuis Moïse, qui l’emportait sur la Loi écrite, la Bible.
Tertio, le judaïsme apostolique, celui des apôtres qui entouraient le Christ, et qui était issu de l’enseignement de saint Jean Baptiste.

Le judaïsme sacerdotal était celui de l’Ancien Testament. Il a disparu après la destruction du temple de Jérusalem par Titus en 70 après Jésus-Christ.

Le judaïsme pharisaïque est celui qui a conservé le nom de judaïsme. C’est celui du grand-rabbin de France Haïm Korsia en 2017. C’est celui de l’État d’Israël. Le judaïsme d’aujourd’hui est celui des pharisiens dont parle l’Évangile. On l’appelle aussi judaïsme rabbinique, puisque les rabbins ont supplanté les prêtres, ou judaïsme talmudique, puisque le Talmud, censé contenir la Loi orale, est son livre sacré, qui l’emporte donc sur la Torah écrite de notre Ancien Testament ou Bible hébraïque.
Le point essentiel est que ce judaïsme rabbinique est en rupture avec le judaïsme sacerdotal de l’Ancien Testament. Il n’a plus de prêtres ni de sacrifices. Il a une Loi orale, laquelle était rejetée comme une abomination par les Sadducéens.
(Ce n’est pas le lieu de parler de la Cabale, la gnose juive, qui a ajouté depuis le XIIe siècle une dimension délirante à la piété de la majorité des Juifs religieux.)

Le judaïsme apostolique, fondé sur l’Évangile, est le judaïsme évangélique, autrement dit le christianisme. L’Église s’est toujours considérée comme le verus Israel, le véritable Israël… du moins jusqu’à Vatican II (1965).
Je rappelle que l’accusation de Déicide portée contre les Juifs, du moins contre ceux d’entre eux qui refusaient le Christ, donc les pharisiens en premier lieu, est formellement établie dans le Nouveau Testament et particulièrement explicite dans la première épître aux Thessaloniciens de l’apôtre saint Paul : chapitre II, versets 14 à 16 (lisez une bonne traduction, comme Lemaître de Sacy ou TOB, non la traduction malhonnête de la Bible de Jérusalem).

Spirituellement, les chrétiens pourraient se dire les véritables Juifs, puisque ce sont eux et eux seuls qui ont suivi le Messie, le Christ annoncé par l’Ancien Testament, alors que les Juifs rabbiniques l’ont rejeté et l’ont crucifié. Mais le sens ethnique du mot « Juif » l’a emporté sur son sens spirituel.

Le judaïsme sacerdotal était essentiellement raciste, mais l’Ancien Testament contenait des ouvertures universalistes qui ont abouti au christianisme (voir mon analyse dans https://henrydelesquen.fr/2015/12/12/comprendre-le-judaisme/).

Le judaïsme rabbinique est purement raciste : « Dresse une haie autour de la Torah », dit le Talmud, qui enseigne que les non-Juifs, qualifiés du terme méprisant de Goyim (pluriel de Goy), sont assimilables à des bêtes. Le grand-rabbin d’Israël Ovadia Yosef les comparaient plus précisément à des ânes (la lecture de sa notice Wikipedia en anglais est édifiante).
Au contraire, le christianisme est universaliste : il s’adresse à tous les hommes.

 

2. Le judaïsme rabbinique est à tous égards l’opposé du christianisme. Au contraire, il est isomorphe de l’islam.
Le judaïsme et l’islam sont deux religions théocratiques. Du reste, le terme de théocratie (qui est une subreption de vocabulaire, car le pouvoir est toujours exercé par des hommes, même s’ils le font au nom de Dieu) a été inventé par le Juif Flavius Josèphe pour faire l’apologie d’Israël.
A la charia correspond la halakha. Ces deux religions sont l’une et l’autre des orthopraxies puritaines qui dictent le comportement plutôt que les croyances, la foi, par opposition à l’orthodoxie que recherchent les chrétiens On y trouve par exemple le même précepte de la circoncision masculine, excision du prépuce, rite primitif et barbare (autant que la circoncision féminine, excision du clitoris). Même égorgement rituel des bêtes, autre rite barbare. Kascher et halal sont voisins.
On peut dire que l’islam est un judaïsme universaliste, et que le judaïsme est un islam raciste.

 

3. Il n’y a donc ni valeurs judéo-chrétiennes, ni civilisation judéo-chrétienne, ni judéo-christianisme. Ces expressions ont fait florès depuis quelques dizaines d’années dans un but de propagande, pour faire croire que les Juifs avaient joué un rôle autre que négligeable dans notre histoire et dans la formation de notre identité nationale ou de notre civilisation occidentale.
On ne peut parler valablement de « judéo-christianisme » que pour désigner la forme de religion des premiers chrétiens qui judaïsaient encore, en ce sens qu’ils suivaient les préceptes de l’Ancien Testament comme la circoncision.

Au moyen âge, les Juifs étaient marginalisés, ils vivaient à part. Le douzième concile oecuménique, Latran IV, les a obligés en 1215 à porter un signe distinctif, qui fut la rouelle dans la France de saint Louis. Les Juifs ont été expulsés de France en 1394. Il n’y en avait pratiquement plus jusqu’au XIXe siècle : quelques marranes, Juifs faussement convertis au christianisme, venus d’Espagne ou du Portugal, dans le Sud-Ouest, quelques milliers de Juifs dans l’Alsace annexée au royaume par Louis XIV, et ceux du Comtat Venaissin, possession du pape, qui avaient échappé à l’expulsion.
Le fait que les Juifs aient pris une grande place dans la société française au cours des deux derniers siècles, après leur émancipation, après la réforme des haskilim, les « Lumières » juives, après l’immigration de centaines de milliers d’entre eux venus d’abord de l’est de l’Europe (Achkénazes), puis d’Afrique du nord (Sépharades), ne changent rien pour ce qui est du moyen âge et de l’ancien régime jusqu’en 1789. La France a des racines chrétiennes. Elle n’a pas de racines juives.

 

4. Rappelons enfin que l’émancipation des Juifs a été réalisée en 1789 selon le principe de Clermont-Tonnerre : « Il faut refuser tout aux juifs comme nation dans le sens de corps constitué et accorder tout aux juifs comme individus… il faut qu’ils ne fassent dans l’État ni un corps politique ni un ordre ; ils faut qu’ils soient individuellement citoyens. » Le communautarisme juif représenté par le CRIF est absolument contraire à l’esprit de la république.

 

Henry de Lesquen

Président du P.N.L.

Les 10 fautes de français les plus courantes, par Henry de Lesquen

Voici les 10 fautes de français les plus courantes. Plus une conclusion à l’intention de François Fillon.

 

1. Omission de l’adverbe “ne” dans la négation. “J’aime pas” pour “Je n’aime pas”.

 

2. Emploi de “on” pour “nous” (et de “tu” pour “on”). “On est d’accord” pour “Nous sommes d’accord”.

 

3. Emploi de “y’a” (1 syllabe) pour “il y a” (3 syllabes) ; et de “y’a pas” (2 syllabes) pour “il n’y a pas” (4 syllabes).

 

4. Emploi de l’indicatif pour l’impératif. “Tu obéis !” pour “Obéis !” Le français devient une langue à ton.

 

5. Emploi de la forme affirmative au lieu de la forme interrogative. “Tu veux ?” pour “Veux-tu ?”

 

6. Redoublement et inversion du sujet (hors effet de style). “Il aime les blagues, Alfred” pour “Alfred aime les blagues”.

 

7. Elisions et abréviations qui changent le son de la consonne. “Je peux” devient “Ch’peux” ; “cheval” devient “ch’fal”.

 

8. Emploi de “est-ce que” dans l’interrogation indirecte. “Je me demande qu’est-ce que c’est” pour “Je me demande ce que c’est”.

 

9. Argot innocent. On ne connaît pas le sens premier, obscène ou scatologique, du mot. Exemple : “Je m’en fous” (foutre = coïter, jouir).

 

10. Anglicismes. OK pour d’accord, juste pour simplement, réaliser pour se rendre compte, retour pour réponse, etc.

 

Conclusion. Si François Fillon avait parlé correctement français, il aurait peut-être gagné l’élection présidentielle…

 

Henry de Lesquen 

Président du P.N.L.

« Entrées précédentes